Six ans après sa dernière exposition, Rirette Faron revient ce week-end avec une quarantaine de tableaux à l’espace Ernest Wiehe au Château Labourdonnais, à Mapou. Cette fois-ci l’artiste a choisi de s’exprimer sur les problèmes de société auxquels elle fait face comme ses autres concitoyens et de les dénoncer dans des styles divers.
« J’ai voulu traiter de ces sujets à ma façon », fait ressortir l’artiste, qui montre ses travaux depuis la fin des années 1990 et qui, dans le temps, était connue pour ses aquarelles. « Auparavant, je peignais surtout des paysages. Aujourd’hui, je veux montrer autre chose. C’est un nouveau regard ! C’est un autre moi qui s’exprime », soutient Mme Faron qui, depuis quelques années, tente d’adopter d’autres moyens artistiques pour s’exprimer.
Par moments abstraits, par d’autres figuratifs, la plupart du temps naïfs, les tableaux de Rirette Faron réalisés sur toile ou sur papier se veulent une restitution de ce qu’elle voit dans son quotidien. Des squatters occupant des terres de l’État à Riambel avec des antennes paraboliques installées sur les toits des maisons, des coraux blanchis dans les fonds marins, des camions de canne à sucre roulant à vive allure sur des routes étroites au risque et péril des piétons et des cyclistes, des déchets qui s’envolent des camions de ramassage d’ordures, des chiens errants, terrains en friches, le manque d’eau, l’avortement, autant de sujets que l’artiste traite à l’acrylique, à l’aquarelle ou à la technique mixte.
Les couleurs sont très présentes dans la plupart de ses travaux, écrasant parfois ses sujets à l’instar de la scène des chauve-souris qui mangent des fruits où le bleu, le noir, l’orange et le rouge vifs dominent. Elles forcent ainsi le visiteur à chercher pour comprendre ce que l’artiste a voulu montrer. Rirette Faron présentera aussi un diptyque pour montrer sa vision artistique des champs vus de la montagne du Pouce.
L’épuration de ses lignes et la fluidité de la technique d’aquarelle frappent d’emblée celui qui pose le regard sur la peinture montrant des femmes enceintes où seuls les foetus sont colorés de rouge. Sur un fond noir, l’artiste fait ressortir les figures féminines avec des légères touches de marron clair et de gris.
Est-elle engagée ? « Non, répond-elle, je suis plutôt réaliste et je déplore certaines situations. Voyez vous-même ce qui se passe autour de vous. Tout est en déclin ! »
Rirette Faron a travaillé pendant huit mois dans son atelier, à la galerie Oasis, à Riambel. « Je ne peins pas tous les jours mais seulement lorsque je suis inspirée ».
Elle peint depuis très jeune mais c’est seulement depuis les années 1980 qu’elle le fait « en professionnelle », dit-elle. Rirette Faron a suivi une formation en art en Angleterre et depuis a participé à plusieurs expositions à Maurice et à l’étranger.
Le vernissage de l’exposition aura lieu ce vendredi à 18 h au Château Labourdonnais. L’expo sera ouverte au public samedi et dimanche.