Alors que de nouveaux acquéreurs prennent avantage ces jours-ci de la deuxième phase du Solar Water Heater Scheme, certains parmi ceux ayant acheté leur chauffe-eau solaire sous le premier programme de subvention ne peuvent utiliser leur appareil en raison de leur qualité douteuse. C’est le cas d’une famille quatre-bornaise qui, après trois ans, attend toujours d’être remboursée ou dédommagée par la compagnie qui lui en a vendu un. Commercialisé comme du 100 % inoxydable, l’équipement a rouillé après seulement quelques mois. Une déposition a été faite samedi au poste de police de Quatre-Bornes.
Rajanah Gooranah, un habitant de Chemin Machine, Route Palma, n’a jamais pu, ne serait-ce qu’une seule fois, utiliser son chauffe-eau solaire. Cet équipement d’une capacité de 150 litres a été acquis à Rs 14 000 en avril 2009. L’acheteur n’ayant pas les moyens de payer les frais de plomberie tout de suite, il décide de reporter la connexion à son réseau d’alimentation en eau. Entretemps, des taches de rouille commencent à apparaître sur la cuve.
L’acquéreur prend alors contact avec la compagnie qui l’informe qu’un technicien viendra faire un constat. Les jours passent sans que personne ne se présente. Après plusieurs appels téléphoniques infructueux, Rajanah Gooranah, découragé, décide d’abandonner l’idée d’utiliser son chauffe-eau solaire et d’entreprendre des démarches pour être dédommagé.
Plus d’un an plus tard il ne l’est toujours pas, et un appel à la compagnie le 26 novembre 2010 lui apprend que des chauffe-eau solaires neufs arrivaient par bateau et que le sien serait alors remplacé. Ne voyant rien venir, il rappelle et comprend que l’entreprise a déménagé de Curepipe pour Port-Louis. Une ultime doléance a été faite mardi dernier.
Contacté au téléphone ce matin, le Manager de la compagnie en question précise que ce client a acheté son chauffe-eau solaire en 2009. À cette date l’entreprise appartenait, dit-il, à d’autres propriétaires avant de faire faillite et d’être rachetée en juin 2010. « Nous n’avons aucun répertoire des clients de la compagnie d’avant car elle n’a rien conservé. Nous ne pouvons donc répondre des manquements passés. Quant à la mauvaise qualité du métal de l’appareil, je peux vous dire qu’après juin 2010, nos clients ont tous bénéficié du 100 % inox », soutient le Manager.
Interrogé sur les raisons pour lesquelles aucune visite n’a été effectuée chez la famille Gooranah depuis novembre 2010, il commence par affirmer que des techniciens s’y sont déplacés plusieurs fois et que le client était absent. Lorsqu’on lui fait remarquer que celui-ci assure le contraire, il déclare que l’acheteur a bien reçu des visites comme le prouverait sa signature au bas d’un document en la possession de la compagnie.
Informé qu’une déposition a été faite à la police samedi, le Manager explique que la dernière plainte de Rajanah Gooranah date du 19 juin et qu’en général les techniciens se déplacent dans un délai de sept jours. Avant de donner l’assurance que « le nécessaire sera fait au plus vite ».