« Nous voulons plus de transparence car il y a une situation malsaine qui prévaut. Certaines compagnies pratiquent des prix vraiment douteux », a déclaré Raj Appalaswamy, secrétaire de la Solar Trade Association lors d’un point de presse ce matin à Port-Louis. L’association déplore vivement « la fuite de la liste des 20 000 demandeurs » qui étaient sur la liste d’attente de la première phase du projet de subvention de chauffe-eau solaire par le gouvernement. Le document serait parvenu à certains des 40 fournisseurs agréés dans le cadre de la deuxième phase du projet.
« Quelqu’un a donné la fameuse liste des 20 000 demandeurs à certaines compagnies. Dans un meeting avec la Banque de Développement (DBM) qui travaille avec le MID Fund pour la subvention gouvernementale, on a reconnu qu’il y avait eu un leakage mais on nous a assurés que cela ne provenait pas de la DBM. Cependant le fait même qu’il y a leakage est grave. On nous a déclaré que personne ne pouvait se prononcer sur ce sujet. La DBM aurait dû prendre des sanctions », indique le secrétaire de la Solar Trade Association (STA). Ce qui est injuste, poursuit Raj Appalaswamy, c’est que les fournisseurs en question bénéficient injustement de l’avantage de pouvoir contacter, avant d’autres, les potentiels acheteurs de chauffe-eau solaire sur la liste d’attente datant de 2009. « Ils peuvent leur dire : “voilà le deal que nous vous offrons”. »
Certains des fournisseurs agréés pratiqueraient aussi des prix douteux. Les membres de la STA émettent des doutes quant à la qualité des produits offerts par certains. « Il y a des critères de qualité que les fournisseurs sont tenus de respecter comme un minimum de stainless steel 304. On a été en Chine, on sait qu’il est impossible de pratiquer des prix aussi bas. Il y en a même qui disent aux clients de ne rien payer à part les Rs 10 000 de subvention ! » En moyenne, selon le secrétaire de l’association, un chauffe-eau solaire coûte entre Rs 15 000 et Rs 30 000.
Raj Appalaswamy soutient que la STA a suggéré au MID Fund qu’une instance vérifie la qualité des appareils vendus à des prix aussi bas. « Nous faisons du business mais l’association est là pour protéger le public qui est le end-user. Nous ne sommes pas contre de donner des discounts mais quand on parle d’offrir en cadeau… Est-ce que ce sont des produits qui tiennent la route ? Il y en a même qui disent : “nou donn ou Rs 2 000 en kado”. C’est vraiment le monde à l’envers ! »
Le président de la STA, Robin Valayden, tire quant à lui la sonnette d’alarme sur les nouvelles compagnies « qui poussent comme des champignons » et qui n’ont pas d’expérience dans le domaine, certaines « n’important même pas les chauffe-eau solaires qu’ils vendent ». « Certaines ne sont aussi là que pour bénéficier de la subvention de Rs 10 000 ».
L’association demande que la deuxième phase de subvention de chauffe-eau solaire lancée en janvier dernier soit gelée « jusqu’à ce que la lumière soit faite sur le leakage ». Des 20 000 demandeurs qui figuraient sur la liste d’attente de la première phase, 10 000, selon elle, ont eu une lettre leur invitant à profiter de la subvention. Parmi, 7 000 ont réagi positivement en s’enregistrant auprès de la DBM. « Par transparence, la STA a demandé au MID Fund d’indiquer quelles sont les compagnies qui ont eu les 7 000 offres. Car si on voit qu’une seule compagnie a reçu disons 4 000 offres, cela voudra tout dire ». Jusqu’ici, l’association dit n’avoir obtenu aucune réponse en ce sens.
Autre doléance : « Le MID Fund a demandé à la STA de suivre une journée de formation avec le MITD. Or, celui-ci a contacté la STA pour lui donner des cours d’installation de chauffe-eau solaire … ».
La STA déplore aussi le fait que les fournisseurs agréés n’aient pas été avertis de plusieurs petits changements entre le contrat de la Phase I et celui de la Phase II avant la signature. « Dans le premier contrat, la capacité minimum des chauffe-eau solaires devait être de 150L. Dans le deuxième, le contenant et le tube ensemble doivent faire 150L, sans compter l’eau dans le tube ».
La STA, créée en juillet 2011 à la suite des « mauvaises pratiques dans la phase I », a pour membres des compagnies telles Duraco, Solartech, Dallafix et Mosolar. D’autres sont venues s’y joindre après. L’association souhaite « travailler en collaboration avec le MID Fund pour que tout le monde soit sur un pied d’égalité ».