Aucune décision quant à un nouvel exercice d’abattage de chauves-souris n’a été prise durant la nouvelle saison de récolte des fruits d’été. Le ministère de l’Agro-industrie décidera de la marche à suivre en fonction de la réévaluation du statut du Pteropus niger en tant qu’espèce endémique menacée sur la liste rouge de l’International Union for the Conservation of Nature (IUCN).
Répondant, mardi, à une interpellation du député MMM, Rajesh Bhagwan, le ministre de tutelle Mahen Seeruttun devait, entre autres, révéler que les deux premiers exercices d’abattage du mammifère volant se sont soldés par l’élimination de 30 938 chauves-souris en 2015 et 7 380 autres en 2016.
Le ministre a aussi indiqué qu’un recensement en cours de réalisation a laissé entrevoir qu’au 30 octobre dernier, la population de chauves-souris dans l’île s’élevait à 57 150 bêtes. « Mon ministère est en consultation permanente avec l’IUCN et la Mauritian Wildlife Foundation (MWF) en vue de trouver les moyens de protéger ces espèces endémiques en danger, mais aussi pour gérer le conflit opposant les chauves-souris à l’espèce humaine », devait expliquer Mahen Seeruttun.
Le ministre a tenu à expliquer que l’IUCN s’est engagée à soutenir son ministère dans la recherche de solutions alternatives à l’abattage des chauves-souris. L’organisation écologiste internationale offre aussi son aide pour le développement de pratiques d’exportation fruitières qui soient conformes à l’éthique et aux normes environnementales.
Unique mammifère originaire des îles des Mascareignes, le Mauritian Fruit Bat (Pteropus niger) est, désormais, une espèce endémique à Maurice. Menacée d’extinction, cette chauve-souris est classée « vulnérable » sur la liste rouge de l’IUCN. Ce mammifère volant frugivore était accusé, ces dernières années, par des propriétaires de vergers de causer des pertes substantielles aux récoltes de fruits d’été letchis.
C’est ainsi qu’en novembre 2015, un amendement à la Native Terrestrial Biodiversity and National Parks Act fut voté à l’unanimité par les députés des deux côtés de la Chambre pour permettre l’abattage de ces créatures perçues par les autorités comme étant devenues une peste pour la production fruitière.
Cette décision a été vivement contestée par les milieux écologistes tant locaux qu’internationaux. La nouvelle fut même rapportée par des médias internationaux dont le Washington Post et Radio France International (RFI). Alors qu’il était question de n’abattre au départ que quelque 20 000 bêtes, les soldats de la Special Mobile Force (SMF) qui s’en sont chargés et en ont, à ce jour, tué 38 318, selon les chiffres mêmes avancés par le ministre.