La décision du ministre de l’Agro-Industrie, Mahen Seeruttun, de réduire la population de chauves-souris de 20% fait polémique. La Mauritian fruit bat est une espèce indigène protégée. D’autant que le chiffre de 90,000 individus avancés par le ministre Seeruttun est largement contesté par la Mauritian Wildlife Foundation (MWF), qui soutient que la population ne compte pas plus de 50,000 individus.
Le plaidoyer en faveur de l’espèce n’a servi à rien. Les chauves-souris seront abattues malgré les observations de l’étude faite par la Mauritian Wildlife Foundation (MWF) démontrant qu’elles ne sont pas les seules responsables des dommages occasionnés dans les vergers.
La pression des planteurs l’a emporté. Lors d’un point de presse, le ministre de l’Agro-Industrie, Mahen Seeruttun, a affirmé vouloir réduire la population de chauves-souris de 20%. Cet exercice va se faire dans trois semaines par la Special Mobile Force, avec des fusils. “Nous sommes tous au courant du tollé général de la population, surtout les agriculteurs, qui réclament des mesures en vue de contrôler cette population animale. J’ai eu des représentations de la part des planteurs et j’ai demandé un état des lieux de la situation au National Parks and Conservation Services”, a dit le ministre pour expliquer cette décision.
Évidemment, la MWF déplore cette décision, qui risque de mettre en péril la survie du Pteropus niger. Cette espèce indigène est protégée et classée comme vulnérable sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). “Ce contrôle est injustifié et inhumain. Il n’est pas basé sur l’évidence de la population réelle des chauves-souris et de leurs dégâts actuels; les deux sont exagérées. Le ministère pense qu’il éliminera 18,000 chauves-souris sur une estimation erronée de 90,000 alors que la population pourrait en fait n’être que de 50,000. Ce ne sont pas 20% de la population de chauves-souris concernées par le contrôle mais bien le double de cela. Cette proportion est sans précédent, même mondialement, pour une espèce indigène. Cette perspective de contrôle avait déjà été condamnée par les institutions de conservation internationale telles que l’UICN et Bat Conservation International, ainsi que par des milliers de pétitionnaires”, souligne Vikash Tatayah de la MWF.