Depuis quelques années, les habitants de Résidences Les Chebecs, Chebel, sont témoins d’une véritable invasion récurrente de mille-pattes provenant des champs de canne avoisinants dans leurs cours et maisons. Les mesures prises par les autorités pour contenir la situation ont été vaines. Une équipe de scientifiques, lors d’un séminaire organisé par le Mauritius Research Council (MRC), présentera la semaine prochaine les résultats d’une recherche d’un projet baptisé Mipache, en vue de minimiser la prolifération de la population.
Le projet Mipache (NdlR : les premières lettres de Mille-Pattes de Chebel) a été conçu en juin 2011 après les doléances exprimées par les habitants. Cette année, à deux reprises dans les colonnes du Mauricien, nous avons rapporté la mauvaise expérience vécue par les habitants des Résidences Les Chebecs qui témoignaient qu’ils doivent quotidiennement aller à la chasse de ces bestioles, à l’intérieur comme à l’extérieur des habitations puisque des mille-pattes resurgissent tous les jours des champs de cannes avoisinants, particulièrement à la tombée de la nuit. L’invasion récurrente de ces bestioles qui affectionnent les endroits sombres et humides est devenue une source de nuisance pour ces habitants qui ne cessent de réclamer auprès des propriétaires de champs de cannes que des mesures à long terme soit enclenchées afin de mettre un terme à ces inconvénients.
Deux pistes de recherche ont été explorées dans le cadre du projet Mipache dont le chercheur principal est Bruno Carta, consultant en sciences de l’Environnement chez EcO2R. Ces recherches étalées sur quelques mois ont permis de proposer des solutions pour résoudre ce problème sous deux angles opposés : « Le contrôle du suivi de l’espèce afin de minimiser la prolifération de sa population et la valorisation de l’espèce en ayant pour objectif d’introduire l’aspect économique au projet en complément des aspects sociaux et environnementaux existants ». Les résultats de ces recherches de même que les conclusions qui peuvent en être tirées seront présentés la semaine prochaine lors d’un séminaire organisé par le Mauritius Research Council. Les recherches ont commencé par une étude descriptive de l’espèce concernée, puis le contrôle de la prolifération de l’espèce par la chimie verte et la valorisation des mille-pattes par l’extraction d’une « molécule sécrétée prometteuse ».
L’équipe de recherche menée par Bruno Carta abordera également la poursuite de la recherche liée au projet Mipache. Pour l’équipe de recherche, cette problématique s’insère dans un cadre agricole et semi-urbain, avec d’un côté la nuisance causée par cette espèce et de l’autre la vie sociale des habitants. « Deux écosystèmes juxtaposés interagissent, l’un occupé par les mille-pattes qui empiète sur le territoire de l’homme. L’impossibilité de la cohabitation devient alors flagrante lorsque l’espèce animale devient envahissante au point de créer un problème de santé publique », explique-t-on.
L’utilisation de pesticides au cours des deux années précédentes, pour se débarrasser de ces bestioles, s’était avéré inefficace. En mars dernier, des officiers du département Entomologie du ministère de l’Agro-Industrie avaient appliqué de la colle sur la bordure séparant les champs de cannes et la route mais les bestioles ont réapparu quelques jours après.