Une partie de l’énigme de la disparition depuis samedi matin de Dan Poorun, âgé de 52 ans, habitant Chemin-Grenier, a été résolue hier après-midi. En effet, le cadavre de la victime a été découvert enseveli dans un champ de cannes le long de la route La Martinière à Surinam. Dans la matinée, le fils de Dan Poorun a procédé à l’identification positive de la victime à la morgue du Princess Margaret Orthopaedic Centre avant le début de l’autopsie pratiquée par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin.
Tout semble indiquer que cet entrepreneur dans le domaine de la construction a été  littéralement exécuté à coups de barres de fer par ses agresseurs samedi. Outre la pioche et la pique recouvrées dimanche en bordure de la rivière Patate, des limiers de la CID de la Southern Division, menés par l’inspecteur Goolaup, ont découvert lors d’une battue effectuée ce matin dans les parages des lieux du crime deux nouvelles barres de fer maculées de sang
Les conclusions de l’examen post mortem devaient confirmer que Dan Poorun a été victime d’un traquenard ourdi par ses agresseurs en lui donnant rendez-vous tout près d’un poulailler à Martinière, Chemin-Grenier, samedi matin. À première vue, il a été assailli à coup de barres de fer et agressé à l’aide d’une arme blanc au cou et au ventre. De profondes entailles ont été relevées à ces deux endroits du corps, qui porte également de nombreuses traces de blessures. Il a été égorgé par ses agresseurs avec plusieurs coups d’arme tranchante ur le corps avec avec des côtes fracturées.
Sur la base de ces éléments d’agression, les enquêteurs de la CID de Chemin-Grenier, travaillant en étroite collaboration avec leurs collègues de la Major Crime Investigation Team (MCIT), privilégient la piste du Foul Play et sont d’avis que plus d’un agresseur est partie prenante de ce meurtre. Après son agression, Dan Poorun a été dépouillé de tous ses vêtements, qui ont été versés dans le dossier à charge en tant qu’Exhibits depuis dimanche. Dimanche, la police a récupéré une pioche et une pique, utilisées par les agresseurs pour fouiller la terre et ce matin, lors d’une nouvelle battue dans la même région de Martinière, deux barres de fer avec des tâches de sang de la victime. Elles ont été ramassées et transmises au Forensic Science Laboratory (FSL) à des fins d’analyse.
Les agresseurs avaient pris le soin de fouiller un trou d’environ 50 centimètres de profondeur dans un champ à la Martinière, soit non loin des lieux de l’agression mortelle. Dan Poorun a été placé de dos dans ce trou qui a été ensuite recouvert de terre. Dans  un premiers temps, les battues entreprises par des membres de la Special Mobile Force, du Groupement d’Intervention de la Police Mauricienne et de la Special Supporting Unit (SSU),  avec l’aide de chiens renifleurs, n’avaient pas donné des résultats escomptés. Mais hier après-midi, les recherches ont été orientées par des mouvements inhabituels des chiens errants de la région. Reprenant les fouilles dans la nature, hier après-midi, les forces de l’ordre devaient tomber sur cette fosse improvisée dans ce champ de cannes. Selon des témoins, des chiens avaient commencé à démembrer certaines parties du corps de la victime.
La principale piste d’enquête en vue d’élucider ce meurtre est le règlement de comptes. À hier, quatre suspects, dont une femme, Pondheery Chowdary Bundhun, les autres étant Randheer Nundoo, alias Rocky, âgé de 32 ans, Deepak Nundoo, 40 ans et Rakesh Bhunjun, 33 ans, ont été placés en détention policière. Avec la confirmation du meurtre de Dan Poorun, l’inculpation provisoire de séquestration devra être modifiée en meurtre.
D’autres arrestations sont à prévoir d’ici la fin de la semaine, avec les enquêteurs de la CID retournant à La Martinière pour une reconstitution des faits probablement samedi. La crémation de la victime se déroulera dès cet après-midi selon des proches ayant fait le déplacement à la morgue du PMOC ce matin pour l’autopsie.
Après la nouvelle descente des lieux de ce matin, les hommes de l’inspecteur Goolaup comptent reprendre les séances d’interrogatoire des quatre premiers suspects interpellés avec un examen serré de leurs emplois du temps respectifs depuis samedi matin jusqu’à leur arrestation en début de semaine.