Le Remake 2000 s’est engagé à tenir une série de meetings à travers les 20 circonscriptions du pays. Après le premier meeting qui s’est tenu à Bar Chacha à Stanley, Rose-Hill, le Remake s’est adressé aux partisans de la circonscription N°14 vendredi. Lors de ce meeting à Chemin Grenier, les orateurs n’ont pas été avares de critiques à l’égard du Parti travailliste, en particulier de Navin Ramgoolam. Les dirigeants du Remake se sont également montrés confiants de leur victoire lors des prochaines élections. Pour Alan Ganoo, qui présidait le meeting, ce rassemblement est l’occasion de «faire le bilan du gouvernement et donner un message d’espoir.»
Tonnerre d’applaudissements, pétarades, la chanson Solda Lalit Militan, les leaders du Remake ont été accueillis chaleureusement par une foule où petits et grands étaient présents. Alan Ganoo a parlé d’une série de meetings «pour sensibiliser les Mauriciens sur ce qui se passe dans le pays», ouvrant ainsi la voie aux différents orateurs qui ont énuméré les nombreux scandales touchant différents secteurs. Après les députés qui ont pris la parole, Pravind Jugnauth a, lui, évoqué la «mafia travailliste qui s’est infiltrée dans plusieurs secteurs», notamment avec l’affaire du Ponzi Scheme, celle de l’ICAC, ou encore de la Cour suprême. Il s’en est pris également aux «personnes proches du pouvoir qui croient que le pays leur appartient.»
Lors de son intervention, le leader du MMM s’est montré très critique à l’égard de Navin Ramgoolam. Citant plusieurs exemples, Paul Bérenger accuse son adversaire de ne pas avoir saisi les occasions qui se présentaient à lui pour faire avancer le pays. Il cite entre autres l’affaire L’Amicale qui, selon lui, aurait été «une occasion historique de faire sortir des innocents de prison.» Pour Paul Bérenger, avec ses 13 années en tant que Premier ministre, Navin Ramgoolam «n’est pas capable de prendre une décision ou de résoudre des problèmes.» Il a dit également avoir des doutes quant à une réforme électorale.
Poursuivant ses «dénonciations», Paul Bérenger a mentionné l’augmentation du ticket d’autobus et le prix du carburant qui ne baisse pas alors que «sur le marché mondial depuis janvier le prix du carburant a baissé de 10%.» Autre reproche à l’égard du gouvernement, la situation de l’eau qui «empire depuis 2005.» Il a pointé du doigt également la dégradation des institutions à Maurice. «Tou nou bann linstitision pe pouri, l’ICAC inn pouri net», a-t-il martelé, avant d’ajouter que cette institution n’a plus de crédibilité. Il s’est aussi attaqué au ministre Jeetah, qui «pe pouri liniversite.» Paul Bérenger a mis en garde le Premier ministre. Selon lui, avec des projets comme le métro léger, CT Power ou encore Air Mauritius, «zot pe sey amar nou lame pou 50 ans.»
Présenté comme le «futur Premier ministre», sir Anerood Jugnauth a clos le meeting. Il s’est autocongratulé en disant que pendant les 16 années où il a été Premier ministre, il n’a pas eu recours à l’expertise étrangère pour résoudre un problème. Et de soutenir que le Premier ministre actuel considère les Mauriciens comme des «kouyons». Faisant référence à la période où SSR était au pouvoir, SAJ a lancé : «Zot pe fos listwar. Ant 1961 ek 1982, la kes ti vid (…). Parey kouma mo ti trouv papa la amenn pei-la a la deriv, piti-la pli pir ki papa-la.»
Les deux leaders  SAJ et Paul Bérenger  n’ont pas manqué de se montrer confiants quant à une victoire du Remake pour les prochaines élections. «Le Remake empêche Navin Ramgoolam de dormir», a estimé Paul Bérenger, qui devait aussi avancer que «tou dimounn kone Remake pou balye karo dan prosenn eleksion.»