Le Chief Security Officer de la State Property Development Company (SPDC), Deny Laval Maurice, a maintenu en cour hier lors de l’enquête judiciaire sur les inondations du 30 mars 2013 que dès le début il avait donné des instructions aux vigiles en charge des tunnels pour qu’ils ferment les portails si l’eau s’accumulait. Un témoignage qui contredit les propos de l’ancien Field Supervisor de la compagnie de sécurité.
Deny Laval Maurice, Chief Security Officer de la SPDC qui agit comme mandataire entre la SPDC et la compagnie Rapid Security, devait indiquer hier lors de son interrogatoire que son rôle était de veiller à ce que les vigiles de Rapid Security soient à leurs places tous les jours et exercent avec les équipements requis. Il devait de plus indiquer que les caméras et les haut-parleurs placés dans les tunnels nord et sud par la SPDC ne marchaient pas depuis un bon moment. Le témoin, soumis à l’interrogatoire de Me Keshri Soochit, représentant le DPP, devait par ailleurs contredire le témoignage de l’ancien Field Supervisory de Rapid Security, Louis Willy Joseph, qui avait affirmé, lors d’une précédente séance, n’avoir jamais reçu l’autorisation de fermer les portails en cas de grosses averses.
Me Soochit : « Saviez-vous que des vigiles de Rapid Security travaillaient sans avoir de permis ? »
Deny Laval Maurice : « Oui. Nous avons plusieurs fois fait la remarque aux supérieurs de Rapid Security concernant ces vigiles et ils m’ont répondu que l’obtention de leur permis était en cours. »
Me Soochit : « Est-ce que ces vigiles sans permis étaient formés ? »
Deny Laval Maurice : « Oui, M. Vishnu Appadoo (un des directeurs de Rapid Security) faisait leur formation. »
Me Soochit : « Qui est responsable des portails qui se trouvent dans les tunnels ? »
Deny Laval Maurice : « J’ai moi-même donné des instructions auparavant aux vigiles en charge de Rapid Security de fermer les portails des tunnels quand l’eau des grosses averses arrivait jusqu’à hauteur des chevilles. Le Field Supervisor Louis Joseph savait qu’il fallait fermer les portails du tunnel. Les vigiles savaient qu’il fallait effectuer la fermeture des portails si jamais il y avait des problèmes dans les tunnels. »
Le témoin a ensuite été soumis au contre-interrogatoire de Me Akil Bissessur, qui défend les intérêts de la famille Wright.
Me Bissessur : « Les vigiles de Rapid Security avaient-ils tous leur radio dans l’exercice de leurs fonctions ? »
Deny Laval Maurice : « Oui »
Me Bissessur : « Le 30 mars 2013, les avaient-ils tous avec eux ? »
Deny Laval Maurice : « La moitié les avaient. Je ne sais pas si M. Caleea (vigile responsable du tunnel sud le 30 mars) avait sa radio. C’est M. Louis Joseph qui faisait le briefing le matin. »
Me Bissessur : « Vous n’avez jamais remarqué que certains vigiles ne se trouvaient pas à leur place lors de leur shift ? »
Deny Laval Maurice : « Cela pouvait arriver, mais ils disaient qu’ils allaient aux toilettes par exemple et puis ils revenaient. »
Me Bissessur : « Si je vous dis que très souvent les vigiles qui travaillaient sous vos instructions se sauvaient quand ils voyaient des policiers… »
Deny Laval Maurice : « C’est faux. Quand je faisais les contrôles de routine les vigiles étaient à leur place. Je ne suis pas au courant qu’ils se sauvaient. »
Me Bissessur : « Je vous dis que les témoins qui ont déjà été auditionnés ont affirmé que les vigiles n’étaient pas à leur place pendant leur shift et qu’ils étaient sous l’influence de l’alcool et de siro. »
Deny Laval Maurice : « Je n’ai jamais vu de telles choses en ma présence. »
Me Bissessur : « Vous avez 30 ans de métier dans le domaine de la sécurité mais vous n’avez toujours pas de permis pour ce travail. Vous êtes au courant que vous travaillez dans l’illégalité depuis 30 ans ? »
Deny Laval Maurice : « Si vous le dites… »
Le témoin a ensuite été soumis à quelques questions de Me Rajesh Unnuth, représentant les employés de la SPDC.
Me Unnuth : « Les policiers en patrouille, notamment le Chef Inspecteur Hector Tuyaux, vous ont-ils déjà fait des reproches concernant votre statut alors que vous n’aviez pas de permis ? »
Deny Laval Maurice : « Je n’ai jamais eu de reproches de qui que ce soit »
Me Unnuth : « Est-ce que les vigiles en charge devaient être placés dans les tunnels ? »
Deny Laval Maurice : « Oui. Quand je faisais ma tournée les vigiles étaient dans les tunnels. »
Me Unnuth : « Et en ce qui concerne les portails dans les tunnels ? »
Deny Laval Maurice : « J’avais donné des instructions formelles aux employés de Rapid Security pour que ces portails soient fermés si jamais il y avait une importante accumulation d’eau. Cependant, ils avaient informé la SPDC qu’ils avaient reçu des pressions de la part des propriétaires des tabagies pour que les portails restent ouverts. »
De plus, la séance a vu l’audition de Christophe Leroux, Maintenance Officer à la SPDC. Ce dernier devait maintenir que les pompes dans les deux tunnels fonctionnaient le jour des inondations mais que ces pompes « n’étaient pas faites pour l’évacuation d’eau de l’ampleur des inondations du 30 mars 2013. » Il a ajouté que les eaux déboulant vers l’esplanade du Caudan près du quai n’avaient pas l’accès facile vers la mer à cause des déchets qui s’étaient entassés tout le long des mains courantes.