L’ONG Angels of the Voiceless, menée par un groupe d’animal lovers, a constaté avec stupeur, jeudi matin, le sort réservé à une cinquantaine de chiens au Dog Pound de Port-Louis. C’est en s’apercevant de la disparition des chiens que leurs membres nourrissaient sur les plages publiques et le phare d’Albion qu’ils ont compris qu’il était fort probable que la très controversée Mauritius Society of Animal Welfare (MSAW) avait recommencé sa campagne de “Catch and Kill Policy”. C’est en allant vérifier par eux-mêmes au Dog Pound de Port-Louis, jeudi matin, que plusieurs membres exécutifs de cette ONG (en cours d’enregistrement) se sont heurtés à un personnel réticent, voire violent, à certains moments.
“Nous pensions qu’il y avait une dizaine de chiens au kennel. Sauf que nous avons été horrifiés de voir une cinquantaine de chiens entassés dans les cages. Le pire, alors que les employés auraient dû faire le tri et séparer les chiens sains de ceux qui sont malades pour éviter la contamination, séparer les grands des petits, ils étaient tous ensemble. Leur état était pitoyable, certains étaient enchaînés ; il y en avait même un dont la tête était à moitié rongée par des vers et qui n’avait reçu aucun traitement. Dieu seul sait combien de temps il est resté ainsi”, raconte
Poonam Hemraz-Koosye, un des membres témoins de l’ONG. L’intention des membres alors, après avoir constaté l’état lamentable des chiens, était de les adopter.
Après plusieurs heures de discussion avec le personnel du Dog Pound de Port-Louis en vue de l’adoption qui n’ont abouti à rien, l’équipe se rend à la MSAW de Rose-Hill pour entamer les procédures. Une fois sur place, nouvel obstacle : le vétérinaire en charge le Dr A. Ignace refuse, selon eux, de les recevoir. “J’ai alors appelé le Dr Sibarti, Chairman du Council qui nous a recommandé de mettre notre demande d’adoption sur papier. De plus, c’est grâce à lui qu’un véhicule a été dépêché pour que les chiens malades soient transportés à Rose-Hill afin qu’ils soient mieux traités”, explique-t-elle.
Le lendemain, soit vendredi matin, c’est au tour du personnel de Rose-Hill de s’en prendre à un autre membre. Celui-ci avait fait le déplacement pour déposer ladite lettre. Malmené, il a dû escalader le mur pour s’échapper. “Voyez comment ces employés agissent avec des humains qui savent se défendre. Imaginez alors comment ils font avec ces pauvres chiens qui n’ont aucune voix pour se défendre, sinon la nôtre”, plaide notre interlocutrice.
Interrogé par Week-End, jeudi après-midi, l’inspecteur en charge du Port-Louis Dog Pound a soutenu qu’il ne pouvait donner en adoption les chiens sur place et que seule la MSAW de Rose-Hill était habilitée à le faire. Selon l’inspecteur, il fait face à un manque de personnel d’où le fait que le chien dont la tête était à moitié rongée par les vers était resté ainsi depuis la veille sans soins. D’ailleurs, ce chien aurait été abandonné, enchaîné devant la porte du Dog Pound. Selon lui, ce sont principalement “des maîtres irresponsables qui sont la cause de cette surpopulation dans les kennels de MSAW. Chaque matin, lorsque j’arrive, je trouve des chiens enchaînés à la clôture. D’autres envoient des boîtes remplies de chiots par dessus la clôture. D’autres encore nous appellent pour qu’on vienne prendre leurs chiens lorsque ces dernières ont mis bas. Nous sommes constamment confrontés à ce genre de situation”, dit-il, dépité. 
Le Dr Alain Ignace : “La loi est claire”
S’agissant du Catch and Kill Policy, l’inspecteur précise que c’est à la demande d’une personnalité influente que cette campagne a recommencé. Cela alors même que la population n’avait même pas été informée. Contacté hier au téléphone, le Dr Alain Ignace, Officer in charge de la MSAW a, pour sa part, déclaré que le chien malade a été victime de son maître. “Sans doute croyait-il bien faire et se prenant pour un vétérinaire, il a aspergé son chien d’un produit qu’on met dans les égouts. Comme c’est toxique, il n’a fait qu’empirer l’état du chien et lorsqu’il n’en pouvait plus, il l’a simplement abandonné”, dit-il. S’agissant de la campagne de ramassage, “cela n’a jamais cessé”, dit-il clairement. Et de préciser : “La loi est claire. L’errance canine est un délit criminel. Si un chien a été ramassé dans un état piteux, il est euthanasié dans les heures qui suivent. Par contre, s’il est bien portant et qu’il est évident qu’il appartient à quelqu’un, le propriétaire dispose de trois jours pour le récupérer.”
Rappelons qu’une vidéo en caméra cachée avait révélé que ces chiens étaient sauvagement assassinés par de simples employés et non par un vétérinaire comme stipulé par la loi. “Tout n’est qu’un tissu de mensonges”, déclare le Dr Ignace à ce propos.
Concernant l’incident avec la MSAW et l’ONG Angels of the Voiceless, le Dr Ignace explique que des dépositions ont déjà été enregistrées par le personnel de Rose-Hill et de Port-Louis et que le ministère de l’Agro-industrie a déjà été mis au courant de la “chronologie des faits” sans en dire davantage.
Loin de se laisser démonter, l’ONG Angels of the Voiceless compte faire une conférence de presse pour présenter au public la situation qui prévaut actuellement à la MSAW et avoir recours à un conseil légal.