Le chikungunya, on s’en rappelle, a fait des ravages à Maurice et à La Réunion. De même, la dengue, elle aussi transmise par le moustique Aedes Albopictus, a déjà touché des populations de la région, notamment à Madagascar. Face à ces maladies, il importe d’être particulièrement prudent. C’est dans cette optique qu’a été mis sur pied le projet de surveillance et d’investigation des épidémies, qui implique les pays membres de la Commission de l’océan Indien. Projet qui inclut, dans sa 2e phase, la formation d’épidémiologistes régionaux pendant deux ans, soit jusqu’en 2013.
Une étude de faisabilité du réseau régional de surveillance des épidémies et de gestion des alertes (Sega) pour la période s’étendant jusqu’à 2017 est également prévue, en prenant en considération à la fois la santé humaine et animale. Il existe notamment un plan régional de surveillance biologique des maladies infectieuses, notamment de la dengue et du chikungunya. Quant à l’objectif, il est clair : il s’agit de réduire les risques d’épidémie et leur impact ainsi que de préparer une riposte aux flambées épidémiques.
La surveillance des épidémies dans les pays de l’océan Indien a été dotée d’un budget de 1,6 millions d’euros pour 2011-2012. Le programme de lutte contre le chikungunya et la dengue du ministère mauricien de la Santé consiste à réduire la mortalité associée aux flambées épidémiques. Selon le ministère, le commerce avec l’étranger et le trafic aérien et portuaire avec des zones endémiques favorisent la propagation du virus importé dans la population des moustiques vecteurs à Maurice. En outre, le chikungunya a tendance à réapparaître quand le pourcentage de la population infectée est inférieure à 70 %.
La dengue est présente dans plus de 100 pays. Des flambées épidémiques ont notamment eu lieu en Australie, en Malaisie, aux Seychelles et à La Réunion. Quant au chikungunya, il est présent dans l’océan Indien, en Inde et dans d’autres pays d’Asie. Des cas de chikungunya ont aussi été signalés dans le sud de la France et en Italie.
Dans son plan contre le dengue et le « chik », le ministère indique qu’après une période épidémique survient une phase « inter-épidémique ». « Pendant cette période, il est recommandé de détruire les foyers de larves de moustiques, à savoir les eaux stagnantes sur les toits, dans les boîtes de conserves ou encore les pneus usagés. Mais en période épidémique, il faut contrôler à la fois les larves et les moustiques adultes », est-il mentionné. Il est aussi précisé que la période inter-épidémique est une opportunité pour consolider la coordination entre les services de santé publique.
La majorité des personnes contaminées sont soignées à domicile. Sont toutefois hospitalisées les personnes souffrant de complications rénales, neurologiques, cardiaques, pulmonaires et intestinales, ou encore dans les cas de déshydratation sévère, de même que les femmes enceintes faisant plus de 39° de fièvre.