La Chinese Middle School a célébré ses 99 ans d’existence samedi au Heen Foh Hall à Port-Louis. L’occasion de rappeler le parcours de cet établissement qui accueille à ce jour plus de 300 élèves du préprimaire à la Form V et enseigne le mandarin à des Mauriciens et étrangers.
C’est le 10 novembre 1912 que la Chinese Middle School (CMS) a vu le jour à la rue Dr Joseph Rivière à Port-Louis. Ses fondateurs, MM. Lai Fat Fur, Venpin et Ng Cheng Hin, avaient pour vision de promouvoir la culture chinoise auprès des descendants, garçons et filles.
Accueillant au départ qu’un petit nombre d’élèves, la CMS en a compté plus tard environ 1 000 répartis dans les classes de Std 1 à la Form III. Outre le côté académique, le curriculum incluait la broderie, l’art, la musique et l’éducation physique. L’école avait déjà pour objectif de promouvoir le développement intégral de l’enfant. Sa réputation était d’ailleurs connue dans les îles voisines.
La CMS a toutefois souffert des changements drastiques apportés au système éducatif mauricien. L’établissement a alors été dans l’obligation de réduire ses opérations. D’institution secondaire, elle deviendra primaire puis préprimaire pour ensuite être une école du samedi. Sa contribution à l’intégration sociale est cependant reconnue, et ce malgré un passé parfois empreint de tempêtes idéologiques.
Dans un article paru dans la page Forum du Mauricien le 11 novembre, l’on évoque certaines critiques de la part du Cernéen d’alors, qui a qualifié, entre autres, l’école de « centre d’endoctrination ». La CMS a aussi résisté aux pressions colonialistes et néocolonialistes.
L’établissement est aujourd’hui appelé à répondre aux besoins de la communauté mauricienne avec l’engouement que connaît le mandarin. Comme le souligne le secrétaire du comité de direction et administrateur de la CMS, l’école n’est pas uniquement ouverte aux sino-mauriciens et autres chinois fraîchement débarqués. « Nous accueillons aussi des personnes d’autres communautés qui veulent apprendre la langue », soutient Ah-Noo Lam.
L’enseignement du mandarin n’est pas toujours facile. M. Lam souligne d’ailleurs certaines difficultés auxquelles fait face la CMS aujourd’hui. « Le problème est que les classes sont divisées en groupe d’âge, ce qui cause certains soucis de mise à niveau », précise-t-il.
« Bann sinwa ki fek ariv Maurice bokou pli exigent… Dan sa bann mem klas la ena ban zenfan ki fek komans aprann… Li pe vinn osi difisil pou nou swazir bann manuels. Me dan Maurice, li koumsa », explique le secrétaire du comité de direction et administrateur de la CMS, soulignant que l’établissement compte bien relever ce défi.
Un comité de 21 directeurs non rémunérés gère la CMS. L’école emploie 13 enseignants et compte aujourd’hui plus de 300 élèves du préprimaire à la Form V. Elle figure parmi les institutions d’honneur de Port-Louis.
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AU HEEN FOH: L’anniversaire de la CDS célébré avec faste
Les responsables de la Chinese Middle School ont tenu à marquer le 99e anniversaire de la Chinese Middle School (CDS) avec faste. Un banquet a en effet réuni samedi des Old Pupils de l’école et des personnalités, telles que l’ambassadeur de la République populaire de Chine à Maurice et le lord-maire.
S’adressant aux invités, Tang Yun Sing, le président du conseil d’administration de la CDS, a annoncé que les cent ans de l’établissement seront célébrés l’an prochain, en même temps que Maurice accueillera une conférence internationale sur la diaspora chinoise. « Ce sera l’occasion pour les Chinois du monde entier de se rendre compte de ce qui a ?t? fait dans notre ?le pour pr?server les us et coutumes de nos anc?tres », a-t-il dit.
De son côté, Mamade Kodabaccus, le lord-maire, a invité la communauté chinoise à honorer comme il se doit la mémoire de ceux qui ont créé la CDS. « Malgr? les difficult?s auxquelles ils ?taient confront?s, surtout avec les pr?jug?s qui existaient ? l’?poque, ils sont parvenus ? p?renniser la culture chinoise dans le pays ».
Dans le même ordre d’idées, le lord-maire a évoqué le projet de reconstruction de China Town. « Avec l’aide de tous, on peut concr?tiser le projet. Le minist?re des Arts et de la Culture d?tient les plans. La mairie souscrit volontiers au projet, et avec l’apport de l’ambassade de Chine ? Maurice, on peut le r?aliser », affirme M. Kodabaccus.