Le Dr Atul Bhaskar, chirurgien orthopédique pédiatrique, qui est à sa huitième visite à Maurice, a opéré ces jours-ci des enfants souffrant de malformations congénitales des membres inférieurs et supérieurs et de difformités résultant de traumatismes, d’infections ou de fractures à l’hôpital SSRN de Pamplemousses.
Dix-huit enfants de trois ans et plus ont subi des interventions orthopédiques complexes. Le Dr Bhaskar a examiné 77 enfants et 15 patients sont sur liste d’attente pour être opérés dans le futur. Le chirurgien indien, qui est Consultant au Bombay Hospital Institute of Medical Sciences de Bombay, séjourne à Maurice à Maurice deux fois l’an pour opérer ses jeunes patients. Ces derniers ont à subir de multiples interventions dès leur plus jeune âge jusqu’à l’adolescence pour corriger progressivement la malformation osseuse.
« C’est une correction à long terme », explique le Dr Bhaskar. Les enfants lui sont référés par les unités pédiatriques des cinq hôpitaux régionaux. Le chirurgien indien est assisté d’une anesthésiste pédiatrique de Bombay, le Dr Pradnya Sawant. L’équipe indienne a rencontré la presse mercredi à l’hôpital SSRN à Pamplemousses avec le Dr Baichoo, Acting Regional Health Director et le Dr B. Ramtohul, Consultant in Charge en chirurgie orthopédique. Des enfants ayant été opérés et leurs parents étaient également présents.
Le Dr Ramtohul a déclaré que les chirurgiens de l’hôpital du Nord ont travaillé en étroite collaboration avec l’équipe du Dr Bhaskar. « Ces enfants qui sont vus dans les Out patients departments des hôpitaux régionaux doivent nous être référés le plus tôt possible pour être traités précocement », indique le Dr Ramtohul. Le Consultant in Charge se prononce pour la création d’un département de chirurgie pédiatrique qui serait distinct de la chirurgie générale.
Le Dr Bhaskar a quant à lui attiré l’attention sur la longue attente des enfants en quête d’appareillage (splint) requis pour les interventions. « Ici cela prend huit à dix mois pour avoir un splint. Or cet appareillage est capital pour éviter de refaire les interventions chirurgicales. A Bombay cela ne prend que sept jours », indique le chirurgien indien. Il propose qu’un petit atelier soit constitué à l’hôpital SSRN pour fabriquer ces appareils.
Le Dr Bhaskar se prononce pour une « one a month specialized clinic » pour le suivi de ces jeunes patients une fois par mois. En même temps, de chirurgiens mauriciens pourront être formés dans son département en Inde.
La plupart des cas opérés par l’équipe chirurgicale de Bombay aurait dû être envoyés à l’étranger pour ces interventions. Le chirurgien indien forme également l’équipe médicale mauricienne aux nouvelles technologies. Dans ces cas de chirurgie orthopédique chez de jeunes enfants, l’accent est mis sur la présence d’anesthésistes spécialisés pédiatriques car ces jeunes patients ont des risques de complications cardiaques et respiratoires. Les enfants ayant été opérés mènent pour la plupart une vie normale et sont scolarisés. Leurs médecins relatent qu’un de leurs petits patients a obtenu 5 A+ au CPE alors qu’un adolescent venu faire son check up mercredi et ayant été opéré plusieurs fois participe à son examen final de Form III.