Dimanche prochain, nous fêterons la Pâques. Traditionnellement associée aux oeufs de Pâques, c’est une occasion pour des réjouissances entre proches. Et surtout, ce sont des kilos de chocolat qui vont se dévorer… Noir, blanc, aux noisettes ou avec des fruits… le chocolat, c’est simplement bon… Et pas que pour les papilles. A l’approche des fêtes de Pâques, de nouvelles études confirment les bienfaits de cet « aliment douceur ».
Le chocolat est un aliment gourmand pour les petits comme pour les grands. Il est apprécié en tablette, liquide, en poudre, noir ou au lait. Pourtant, il est souvent considéré comme un faux ami, accusé de faire grossir et de provoquer des « crises de foie », voire des accès de migraine, d’acné… Avec la Pâques, c’est le moment opportun pour s’interroger sur les vertus du chocolat. Cette semaine, trois études récentes viennent confirmer une fois de plus l’effet protecteur du chocolat vis-à-vis des accidents vasculaires cérébraux (AVC), ses conséquences bénéfiques pour le coeur (et pas que durant la déprime) et son potentiel pour augmenter la mémoire, ainsi que les capacités d’apprentissage. Et oui, ce mal aimé, trop aimé des gourmets, est désormais reconnu pour nombre de bienfaits sur la santé.
Protection contre l’AVC
Grâce aux polyphénols et aux flavonoïdes qu’il contient, le cacao protègerait notamment des maladies cardiovasculaires. Ils préviendraient aussi la formation de caillots en diminuant l’agrégation des plaquettes sanguines. Les polyphénols du chocolat diminueraient les inflammations. En effet, ceux-ci agiraient en empêchant l’accumulation de cellules inflammatoires à la surface des artères, ce qui réduit la formation de caillots. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont utilisé les résultats d’une étude de grande envergure menée de façon rétrospective auprès de 39 227 Suédoises recrutées dans le cadre d’une surveillance mammographique entre 1998 et 2008. Un questionnaire comportant 350 items sur les habitudes de vie, l’état de santé et les antécédents — dont un autoquestionnaire alimentaire — avait pour but d’identifier les déterminants de diverses maladies, dont les AVC. Plus de 1 500 accidents de ce type sont intervenus pendant ces dix ans. Toutefois, les études démontrent que le risque diminue nettement avec une consommation de chocolat, supérieure à 50 grammes par semaine. Et ce sont des femmes ayant une pression artérielle normale et consommant en moyenne 66,5 g de chocolat par semaine qui bénéficient le plus de cette possible prévention par le chocolat.
Les effets cardioprotecteurs de cet aliment, déjà démontrés dans de nombreuses études, sembleraient liés à l’épicatéchine — micronutriment présent en quantité importante dans le cacao, le vin rouge et le thé vert, indiquent les dernières analyses scientifiques. Elles soulignent que ses effets bénéfiques pourraient s’expliquer par son action sur les mitochondries, ces petites usines contenues dans les cellules où se déroulent les grandes manoeuvres métaboliques. C’est cette propriété qui permettrait la diminution de la taille des infarctus du myocarde induits expérimentalement. De plus, l’épicatéchine du chocolat noir serait à même de corriger le mauvais fonctionnement des mitochondries impliqué dans des affections chroniques comme le diabète, l’hypertension et les maladies coronariennes. S’il ne faut pas parler de panacée et que d’autres études doivent être menées, il serait dommage de se priver d’en consommer régulièrement!
Espoir d’une voie thérapeutique
D’autres composants du cacao, connus sous le nom de flavonoïdes et que l’on retrouve aussi dans le thé vert et les myrtilles, suscitent également l’intérêt des chercheurs en raison de leur impact positif sur les performances cognitives. En effet, de plus en plus de données suggèrent que la consommation d’aliments riches en flavonoïdes serait bénéfique pour la mémoire et les capacités d’apprentissage chez les personnes saines. De plus, des études ont établi que leur consommation aurait un effet favorable sur le déclin cognitif et sur l’évolution des maladies neurodégénératives. Des chercheurs affirment même que plusieurs flavonoïdes sembleraient capables d’empêcher la progression d’un modèle de maladie d’Alzheimer chez les rongeurs, ouvrant l’espoir d’une voie thérapeutique nouvelle.
Sensation de plaisir
Non seulement, il est aujourd’hui démontré que le chocolat ne peut être responsable d’irruptions de boutons, de maux de tête et de ventre, mais il est en outre de plus en plus évident qu’il peut faire beaucoup de bien à notre organisme. Manger un carré de chocolat peut donner un vrai coup de fouet en cas de petite fatigue, il a un vrai effet dynamisant. Mais le chocolat n’a pas non plus de vertus aphrodisiaques, participe juste à l’augmentation de la sensation de plaisir. Qui plus est, le chocolat renferme en effet du magnésium, du fer, du phosphore, du potassium et des vitamines B1 et B2. Le cacao contient en effet 12 mg de fer pour 100 g. Il est également riche en antioxydants réputés utiles dans la prévention de nombreuses maladies. 
Par ailleurs, contrairement aux idées reçues, le chocolat n’augmente pas le taux de cholestérol sanguin, grâce à l’aide stéarique du beurre de cacao. En effet, si les effets anti-stress du chocolat sont bien connus en cas de stress ou de coup de déprime, sa consommation (car il contient également de la phénylethylanine, aux effets antidépresseurs) génère la sécrétion d’endomorphines, substances euphorisantes et calmantes. On sait aussi que cet aliment riche en « bonnes graisses » insaturées ne donne pas de cholestérol. Le beurre de cacao abaisse le taux de cholestérol global dans le sang en augmentant le taux de bon cholestérol (HDL).
Et si le chocolat n’est pas interdit à ceux qui surveillent leur taux de cholestérol et leur ligne, il convient même aux diabétiques… à condition bien sûr de le consommer en quantité raisonnable et de choisir une tablette « pur beurre de cacao ». Pour les diabétiques, il est conseillé de choisir du chocolat noir (plus riche en cacao et moins sucré avec un index glycémique (IG) bas) et de le consommer en dessert, avec le café ou avec des fruits pour limiter le pic de glycémie.
Et côté beauté, le chocolat est utilisé en institut comme soin pour la peau et on trouve de nombreux produits cosmétiques à base de beurre de cacao hydratant. Le chocolat a décidément tout bon! Bien sûr, il ne faut pas en abuser, 2 à 3 carrés par jour et plutôt du chocolat noir à minimum 60% de cacao que du chocolat blanc, aux noisettes ou au lait. La ligne n’apprécie pas trop non plus les excès, mais le chocolat reste malgré les a priori, digeste. Les chocolats de Pâques doivent donc être dégustés petit à petit, un peu tous les jours. Tous ces bienfaits sont observés pour du chocolat contenant au moins 70 % de cacao. Les autres variétés de chocolat vendues ne contiennent pas suffisamment de cacao pour avoir un impact significatif sur la santé. Vos idées reçues vont en fondre! Voilà de quoi vous régaler sans culpabilité. Bon appétit!