Dans son rapport 2014 sur le développement humain, le Programme de développement des Nations unies (PNUD) insiste sur l’importance d’une politique ambitieuse des gouvernements pour réduire jusqu’à 5 % le chômage des jeunes (15-24 ans) d’ici à 2050. Au cas contraire, l’écart continuera à se creuser surtout dans les pays subsahariens, fait-il ressortir. À Maurice, le taux de chômage général est resté inchangé, soit à 8 % en 2013 comparé à 2012. Le Bureau central des statistiques indique que le pourcentage de chômage parmi les 16-19 ans était de 31,8 % en 2013 et de 15,8 % parmi les 20-29 ans.
Dans son rapport 2014 publié récemment sous le titre « Pérenniser le progrès humain : réduction des vulnérabilités et renforcement de la résilience » et qui classe Maurice 63e sur l’indice du développement humain, le PNUD note que les jeunes de la tranche d’âge des 15-24 ans sont les plus vulnérables. À cette période de transition de leur vie, où les jeunes apprennent à s’engager en société et à travailler, ils se retrouvent marginalisés sur le marché du travail par faute d’expérience, de connexions sociales, d’aptitudes à rechercher un emploi ou de moyens financiers pour le faire, souligne le rapport. Par conséquent, ils se retrouvent au chômage, contractent des emplois qui demandent une qualification moindre ou décrochent des contrats précaires. Le rapport note que 12,7 % des jeunes étaient au chômage en 2012, soit un taux trois fois supérieur à celui des adultes.
Durant cette même année, selon le Labour force, Employment and Unemployment based on the results of the Continuous Multi Purpose Household Survey,
à Maurice, le taux de chômage parmi les 16-19 ans était de 35,7 % et parmi les 20-29 ans, de 16,4 %.
En 2013, selon ces mêmes statistiques, l’on enregistre une légère baisse dans ces catégories : 31,8 % des jeunes âgés entre 16 et 19 ans et 15,8 % parmi ceux âgés entre 20 et 29 ans étaient au chômage. Dans les deux années, l’on observe un taux de chômage plus élevé chez les femmes.
Pour répondre aux attentes des jeunes, le PNUD préconise la mise en place d’une politique gouvernementale ambitieuse qui, alliée au nombre décroissant de jeunes qui arriveraient sur le marché du travail, pourrait réduire à moins de 5 % le taux de chômage d’ici à 2015. Si la situation est hétérogène, un scénario « business as usual » pour l’Afrique subsaharienne creusera davantage le fossé, estime-t-il. « Ambitious policies (fast track education policies and accelerated economic growth) would close the gap in supply and demand for young workers for South Asia and reduce it for sub-saharan Africa ». Il constate que dans le sud de l’Asie, l’écart sera éliminé d’ici à 2050 grâce aux politiques éducatives mises en place. « For sub-Saharan Africa additional policies to raise employment intensity of growth would be needed to close the gap ».
Le PNUD observe que les protections sociales incluant une assurance chômage constituent un soutien aux plus vulnérables. Par example, il est d’avis que « unemployment insurance improves the working of labour markets by allowing the unemployed to choose jobs that better match their skills and experience rather than forcing them to simply take the first job that comes along ».
À noter que le taux de chômage à Maurice était à son sommet en 2005 pour connaître une baisse jusqu’en 2008, après quoi, la tendance était une nouvelle fois à la hausse.
Par ailleurs, la position de Maurice sur l’indice du développement humain du PNUD reste inchangée par rapport à l’année précédente.