Nombre de raisons et facteurs expliquent que le taux de chômage soit aussi élevé à Maurice, affirme Roland Dubois, responsable du Youth Employment Programme (YEP). « Les jeunes ne sont pas prêts à accepter n’importe quel emploi », constate-t-il.
Maurice compte 5 000 jeunes chômeurs. Parmi, 2 200 possèdent une licence universitaire. Les dernières statistiques démontrent que le taux de chômage chez les jeunes de moins de 24 ans est de 24 %. Face à cette situation, le gouvernement a lancé le YEP, un programme de placement en entreprise visant les jeunes de 16 à 30 ans ayant été au chômage pendant 90 jours au minimum. Quelque 4 500 jeunes ont ainsi été placés en entreprises. « Parmi, 16 % ont des diplômes universitaires, 22 % le Higher School Certificate (HSC), 25 % le School Certificate (SC) et 28 % n’ont pas le SC », indique Roland Dubois. « Force est de constater que les filières choisies par les gradués ne cadrent pas avec les exigences des entreprises. De plus, leur inexpérience ne joue pas en leur faveur  ». Et d’énumérer les lacunes notées chez les jeunes en termes d’employability skills. « Ils ne savent pas comment travailler en équipe, comment communiquer ou encore comment se présenter. Sans compter qu’ils n’ont pas l’esprit critique ». A titre d’exemple, certains jeunes présents lors des inscription au YEP ne savent pas écrire un Curriculum Vitae (CV). Sans compter qu’ils font souvent les “difficiles” malgré la précarité de l’emploi. « Les jeunes ne sont pas prêts à accepter n’importe quel travail. Ils veulent faire un travail dans la filière où ils ont étudié. (…) Plus un jeune reste au chômage, plus c’est difficile pour lui de trouver un emploi. Il perd les compétences qu’il a acquises. Il vaut mieux pour lui de prendre n’importe quel emploi car cela va l’aider à avoir une discipline. Il aura à se lever tôt pour se rendre au travail et cela va aussi l’aider à se mêler aux autres ».
Roland Dubois évoque d’autres initiatives du GM, dont le comité consultatif universités/employeurs, le projet Ébène Accelerator, le Dual Programme, qui consiste à offrir aux jeunes des formations universitaires ainsi qu’en entreprise, à travers un partenariat entreprise/universités… Une étude sur la tendance des emplois à Maurice sera aussi faite chaque six mois. Le premier rapport sera prêt vers la fin de mai. « Celanous permettra de définir notre orientation concernant les emplois dans les secteurs traditionnels et secteurs émergents pour les cinq prochaines années. Ce sera un outil pour les jeunes pour savoir quelle filière prendre. Les institutions tertiaires pourront aussi en bénéficier », explique le responsable du YEP.