Le twirling bâton se porte bien à Maurice et le niveau est plus que satisfaisant. C’est ce qu’a constaté Christine Bel-Dagonneau, ancienne championne de cette discipline, lors de son récent passage au Queen Elizabeth College à Rose-Hill, où elle a animé un stage de perfectionnement avec 45 jeunes filles. Une nouvelle génération de twirleuses que cette Française était ravie de retrouver. Entre deux virevoltes de bâton dans les airs, Christine Bel-Dagonneau nous raconte son parcours dans cette discipline en perpétuelle évolution.

Annabelle Rose-Montenot

Les quelques élèves du Queen Elizabeth College et du Baton Twirling Mauritius Ltd participant aux deux jours de stage de Christine Bel-Dagonneau étaient toutes à l’affût de ses conseils. Elles fixaient attentivement les moindres mouvements de l’ex-championne de France, devenue directrice technique des fédérations mondiales de twirling, la WFNBTA (World Federation of National Baton Twirling Associations), et l’IBTF (International Baton Twirling Federation). Christine Bel-Dagonneau est passée maître dans cette discipline. Elle la pratique depuis l’âge de cinq ans, lorsque son père, Pierre Bel (jongleur international qui a introduit dès 1961 le twirling en Europe), lui a ramené un petit bâton d’Australie. “Je n’ai jamais cessé et je n’imagine même pas mon existence sans le twirling bâton. C’est devenu une mode de vie et surtout une passion à part entière, que je me fais un devoir de transmettre à la nouvelle génération.”

De ses longues années de compétitions, Christine Bel-Dagonneau se souvient d’“avoir toujours été animée par le goût de la gagne. Je voulais être la meilleure et je me suis mise dedans à fond, sans aucun regret. Pour moi, c’était naturel. J’ai eu la chance d’être formée par mon père et par des professionnels du twirling aux États-Unis”.

Discipline en pleine évolution.

Après avoir été championne de France en 1969, championne d’Europe en 1971 et avoir décroché un titre mondial en 1974 aux USA, la pro du twirling bâton, âgée de 63 ans, ne cesse de promouvoir ce sport en dispensant des cours dans de nombreuses villes d’Europe et dans le monde. “Je suis heureuse de revoir les filles ici à Maurice. Elles m’impressionnent beaucoup. Il y a un net progrès de cette pratique à Maurice et le niveau est excellent. Le seul petit bémol est que le twirling bâton est une pratique très scolaire et que les jeunes filles s’arrêtent en fin d’études. Elles ne semblent pas prêtes pour faire des compétitions.”

Le twirling bâton est un sport né aux États-Unis dans les années 30. Le twirling fait référence aux mouvements et le bâton est utilisé dans les chorégraphies. Absente des Jeux Olympiques, cette discipline est en plein essor et en perpétuelle évolution. “Cette discipline va bien au-delà d’un numéro spectaculaire à faire tourbillonner un bâton. Cela a d’abord été festif avec les majorettes mais, petit à petit, la technique du bâton a évolué et s’est transformée en discipline artistique et sportive. De nos jours, on demande plus que la manipulation du bâton. Le corps est aussi un élément essentiel. Si vous n’êtes pas fort corporellement, c’est-à-dire un peu gymnaste et danseur, vous ne pouvez pas exceller en twirling.” Le twirling bâton demeure un sport qui apporte “beaucoup de choses. De la concentration, de la coordination, de la discipline, un sens de l’effort, une certaine régularité et de l’acharnement. C’est aussi une leçon de vie : on apprend à savoir accepter la défaite.”

Perfectionnement des techniques.

Lors de ses deux jours de stage, l’ex-championne de France et d’Europe s’est concentrée sur le perfectionnement des techniques de base. “Je suis une puriste, un peu comme un vieux professeur de danse classique, avec une approche très académique. Sans les bonnes techniques, on ne peut pas faire grand-chose. Il est très important de revenir toujours vers la base, sans pour autant négliger les nouvelles techniques.” En compétition, le twirling bâton comporte plusieurs disciplines : strutting, solo avec un et deux bâtons, duos et en équipes, danse solo et danse twirl, équipe pom pom, showcorps et bannières.

Cet échange, même très bref, est mémorable et un brin nostalgique. “C’est une longue amitié que j’entretiens avec les majorettes du QEC, et surtout avec feue Ginette Cabon.” Sa première visite remonte à 1973, sur l’invitation de cette dernière. Depuis, Christine Bel-Dagonneau a rencontré et suivi plusieurs générations de jeunes filles, dont Jennifer Ng, qui a relancé l’activité en 2014 en créant le club Baton Twirling Mauritius.

Son constat est plus que satisfaisant. “Les filles sont très structurées, disciplinées et évoluent dans un groupe très homogène. C’est un grand plus pour Maurice. La suite ne peut être qu’encourageante. J’espère sincèrement qu’elles pourront participer à des compétitions, comme ce fut le cas en 1990 au championnat du monde à Amsterdam et en 1993 à Marseille”. Elle a encouragé Jennifer Ng, coach et directrice de twirling bâton, à faire le déplacement à La Réunion “pour des prises de contacts pour d’éventuelles collaborations en vue de compétitions. Les filles sont toujours présentes pour la partie festive de cette discipline, mais il est temps de viser plus loin. Vous avez la chance de pouvoir l’intégrer dans un cadre scolaire, ce qui ne se fait pas en Europe. Il faudrait l’intégrer dans encore plus d’écoles”.