Christine Lascie, férue de couture depuis de son enfance

Christine Lascie, une habitante de Sainte-Croix âgée de 47 ans, est couturière à domicile. Jeune, elle confectionnait des robes sur mesure pour ses clients. Par la suite, elle a décidé de devenir entrepreneuse et de produire des draps, coussins, taies d’oreiller et sacs personnalisés. Elle pratique ce métier depuis dix ans et aspire maintenant à agrandir son petit commerce et ouvrir une petite usine pour produire en plus grande quantité. Rencontre.

Christine raconte qu’elle a abandonné les études très tôt car elle voulait devenir couturière. « Je fréquentais le collège d’État de Souillac mais j’ai décidé d’abandonner les études après la Form IV. J’étais fascinée par la couture et j’aspirais à devenir une très bonne couturière. C’était un choix personnel », confie Christine. Elle s’inscrit alors à un cours de formation en couture dans un centre privé de la localité. « C’était une formation de base et avancée qui a duré deux ans. Après le cours, j’ai pris de l’emploi comme ouvrière dans une usine de textile dans le sud du pays. J’y ai travaillé quatre ans. Par la suite, je me suis mariée et je suis venue habiter à Sainte Croix », relate Christine.

L’occasion s’est présentée à Christine pour exploiter ses talents et compétences dans ce petit faubourg de la capitale. « Quand je me suis installée dans ma nouvelle maison, j’ai commencé à dispenser des cours en couture aux habitantes de l’endroit. C’était pour moi une façon d’exploiter mes talents et de promouvoir mes produits. Parallèlement, j’ai lancé un petit commerce. Je fabriquais des vêtements, en particulier des robes, sur mesure. Je suis ainsi devenue couturière à domicile. J’ai établi un réseau de clientèle et mon travail est devenu célèbre de bouche-à-oreille », affirme la couturière.

Toutefois, ce petit commerce de Christine ne durera pas longtemps. Elle explique qu’au fil des années, les femmes se sont tournées vers des robes faites dans les magasins. « C’est le problème auquel font face les entrepreneurs de nos jours. Avec l’ampleur qu’a prise l’importation des produits, les produits locaux n’ont plus de valeur. Je ne recevais plus de commandes comme avant. Du coup, je voyais mon commerce tomber à l’eau. Mais je n’étais pas du genre à baisser les bras. Je voulais changer d’objectif tout en restant dans ce même métier. Après maintes réflexions, j’ai décidé de me tourner vers la fabrication de coussins, de draps-housses, de sacs à pain, de taies d’oreiller… des produits que les Mauriciens recherchent toujours », souligne Christine.

Pour parvenir à ses fins, cette habitante de Sainte-Croix se joint une association de femmes entrepreneuses à Rose-Hill. Cette association, précise-t-elle, comprend de 21 membres, toutes des femmes qui louent ensemble un magasin en commun à la Galerie Evershine à Rose-Hill et où elles exposent et mettent en vente leurs produits. Outre cette association, Christine s’est aussi inscrite au National Women Entrepreneur Council ainsi qu’à la Small and Medium Enterprise Development Authority (SMEDA – maintenant devenue SME Mauritius). « Grâce ses organisations, je me suis perfectionnée dans le métier de couturière et j’ai profité de leur plateforme pour me faire connaître à travers le pays. J’ai participé aux foires des PME organisées par ces organisations où j’ai vendu mes produits », dit-elle.

Les divers modèles de draps et de taies d’oreiller de la couturière

Christine avoue avoir trouvé le bonheur dans ce qu’elle entreprend. « J’ai abandonné les études pour devenir couturière et je suis heureuse de pratiquer le même métier à ce jour. Je travaille toujours à domicile dans mon petit atelier et je me suis spécialisée dans la fabrication de coussins, draps-housses, taies d’oreiller et sacs. J’ai aussi appris à faire de la peinture sur textile, qui me permet de faire des dessins sur tous mes produits », fait-elle ressortir. Et d’ajouter qu’elle travaille sur commande. Normalement, Christine fabrique des coussins unis mais de différentes couleurs. « Quand un client va en magasin pour acheter des coussins, il les trouvera tous de la même couleur. Or, chez moi, je peux faire six coussins sur commande de différentes couleurs mais tous assortis au décor du salon ou de la chambre à coucher de mon client. C’est un plus qui attire les clients. Par ailleurs, à l’occasion des festivités, comme la Noël, je peins les coussins aux couleurs de la fête », précise-t-elle.

Actuellement, des modèles de tous ses produits sont exposés et mis en vente dans le magasin à Rose-Hill, mais Christine offre aussi un service de livraison à ses clients, surtout quand il s’agit des commandes. Elle avoue que c’est un métier exigeant. « Pendant toute la semaine, je travaille sur les commandes que je reçois et je vais faire la livraison. Puis, en fin de semaine, je m’occupe des produits au magasin », dit-elle. Mais cette dernière est chanceuse d’avoir ses filles à ses côtés. La cadette et la benjamine de Christine l’aident énormément dans son travail. « Elles savent manier la machine à coudre et donc, quand je reçois d’importantes commandes, elles sont là à mes côtés pour me donner un coup de main. En même, je vois qu’elles apprennent le métier, même si elles n’envisagent pas de suivre mes pas et de prendre le relais à l’avenir. Ma cadette est employée dans une compagnie. De temps en temps, elle fabrique des sacs et les vend avec ses collègues. Ma benjamine fabrique, elle, des sacs avec des écrits dessus, très tendance chez les jeunes, et les vend avec ses camarades d’école », relate Christine.

Dix ans déjà depuis Christine exerce comme entrepreneuse à plein-temps. C’est pour elle un choix bien fait. « Autrefois, j’étais présente quotidiennement rue du Vieux Conseil à Port-Louis, mais depuis que les entrepreneurs ont été expulsés de cet endroit, j’ai perdu un peu de mes clients. Mais je continue à persévérer parce que la couture est plus une passion qu’un métier pour moi. Aujourd’hui, je dépends beaucoup des commandes et j’arrive à survivre. Le seul défi à relever c’est la concurrence. Il y a beaucoup d’autres entrepreneurs qui font les mêmes produits mais l’important est de survivre à cette compétition féroce », dit-elle.

Ambitieuse, Christine rêve d’agrandir son commerce. « J’ai envie d’avancer et d’évoluer dans ce métier. Et pourquoi pas, transformer mon petit atelier en une petite usine où je pourrai produire en plus grande quantité. Le seul problème auquel je fais face ce sont les finances. Il est difficile pour un entrepreneur de trouver les moyens pour faire grandir son commerce, d’autant qu’il y a tellement de personnes qui font la même chose », avance-t-elle.

Par ailleurs, Christine souhaite créer un réseau de clients dans les hôtels. « J’ai déjà quelques touristes comme clients mais j’aurai souhaité avoir les hôtels même comme clients. Je peux éventuellement leur fournir des draps, des coussins, des taies d’oreiller, entre autres », indique-t-elle.