Et si on se laissait attendrir, le temps de Noël, devant un Christmas Fruitcake qui, de par sa couleur chocolatée et ses petits fruits secs, met déjà en appétit ? Si la bûche de Noël a toujours la côte, ce gâteau fait de plus en plus d’émules. Petite visite guidée à La Boulangerie de Pamplemousses Ltée. Le temps de partir à la découverte d’une tradition remise au goût du jour par Patty Jones.
Il flotte une bonne odeur d’arômes de gâteau qui titille les narines dès qu’on franchit la porte de La Boulangerie de Pamplemousses Ltée. Patty Jones, la gérante – connue et reconnue pour son art dans la confection de chapeaux hippiques –, est aux fourneaux. Dès qu’on évoque le mot “Christmas Fruitcake”, elle affiche un large sourire. « C’est la tendance du moment. Il peut être dégusté accompagné d’une crème pâtissière légère ou d’une crème glacée rafraîchissante. Ce sont surtout les Mauriciens voyageurs qui en raffolent. La préparation, en revanche, est longue. Il faut s’y mettre trois mois à l’avance, le temps de laisser les fruits macérer dans le rhum. Des fruits secs, des raisins, des prunes, des cerises… Des ingrédients de sélections nécessaires. » Patty Jones est ravie de l’appréciation de sa clientèle pour ce gâteau de Noël. Elle nous conte, dans la même foulée, une petite anecdote : « La particularité du Christmas fruitcake est qu’il se conserve sur une durée d’un an.  Certaines personnes le commandent aussi pour leur mariage et peuvent toujours le resservir lors du baptême de leur premier enfant. »
La tradition du Christmas Fruitcake, ou pudding, remonte à son origine britannique. Les Anglais, de même que les Australiens, en raffolent, alors que la bûche, elle, est plutôt issue de France. « La bûche interpelle les petits en raison de sa décoration. La différence tient en la cuisson du Christmas Fruitcake, qui se fait au four, tandis que le pudding se fait à la vapeur. Le Christmas Fruitcake peut aussi être décoré, mais les Mauriciens le préfèrent sans glaçage. » Et pour que l’instant de la dégustation reste un moment divin, il suffit de servir le gâteau avec du… champagne. Le pétillement des bulles et le craquement du gâteau fondant dans la bouche laissent présager un instant de bonheur.
Parlant de la bûche de Noël, Patty  Jones dit que la crème au beurre, et une autre faite avec une crème fouettée au chocolat, constituent les ingrédients de base pour le choix du consommateur. La bûche ne demande aucune macération, tout est dans l’instantané, dit-elle. En revanche, pour le Christmas Fruitcake, il faut être très précis et s’assurer trois à quatre mois à l’avance que le goût est à point. La confection d’un gâteau nécessite, selon les dires de l’intervenante, « beaucoup de travail », en sus de « la rapidité à respecter les commandes ». Commentant la maxime à l’effet que la réussite de chaque gâteau reste au niveau du goût, Patty reconnaît qu’une recette partagée ou dévoilée n’aura pas la même saveur ou technique, qu’elle soit réalisée en groupe ou en solo.
Cela fait 35 ans depuis que Patty Jones a repris les rênes de La Boulangerie de Pamplemousses Ltée de ses parents. L’engouement des gâteaux, explique-t-elle, s’instaure de jour en jour auprès des clients. « Ceux qui font des études à l’étranger ou qui ont des parents aiment offrir un Christmas Pudding ou un Christmas Fruitcake. La différence tient en la cuisson de ce dernier, qui se fait au four, tandis que celle du pudding se fait, elle, à la vapeur. »