L’atelier Espace de Parole dédié aux personnes les plus vulnérables au VIH s’est tenu au centre Chrysalide les 3, 4, 10 et 11 août derniers dans le but de briser les tabous entourant le virus et de faciliter l’échange entre l’ONG et ses bénéficiaires. Ces activités ont été sponsorisées par la Commission de l’Océan indien dans le cadre du projet AIRIS.
Espace de Parole répond à un besoin crucial, ressenti à travers l’expérience de terrain, celle d’en apprendre plus sur le VIH, la drogue et les traitements disponibles pour les travailleurs du sexe, les toxicomanes et méthadoniens. L’atelier s’est déroulé en deux sessions de deux jours. Parmi les informations qui en ressort : une demande de transparence sur la dose de méthadone qui leur est prescrite, la clarification des effets de la méthadone sur ceux qui suivent le traitement. Les participants n’ont pas manqué de relever également les difficultés rencontrées au quotidien, comme les problèmes de logistiques de la méthadone (horaires, frais de transports souvent pas couvert, demande d’une caravane de distribution à Rivière-Noire par une trentaine de méthadoniens).
La rencontre était animée par le Dr Farida Oodally, Chargée de Programme à l’ONUSIDA, et Dhiren Moher, Point Focal regional association PVVIH à AIRIS-COI. Cette journée a aussi été l’occasion pour une quarantaine de personnes de faire le test de dépistage rapide au VIH. Pour rappel, Chrysalide est un centre de réhabilitation en résidentiel pour les femmes toxicomanes et/ou alcooliques, dont beaucoup sont aussi des travailleuses du sexe, séropositives et ex-détenues. Chrysalide existe depuis 2004. Elle est devenue une ONG à part entière en 2009. Le centre peut accueillir jusqu’à 20 femmes à la fois et leurs enfants jusqu’à l’âge de 12 ans. La thérapie issue du Projet Homme (Méthode thérapeutique venant de Ceiss Italie) est divisée en plusieurs étapes : la détoxification médicale, la psychothérapie, la formation professionnelle et la recherche d’un emploi et d’un logement ainsi que le support lors de la réinsertion. Les femmes passent en moyenne un an au centre.