Tombée d’un bus scolaire en marche lundi après-midi, Keshvee Purmasingh, une étudiante du collège Hindu Girls âgé de 17 ans, était toujours sous respiration artificielle ce matin. Ses proches, inconsolables, n’osent se prononcer sur l’évolution de l’état de santé de l’adolescente.
Interrogée par Le Mauricien à l’hôpital de Rose-Belle au sujet de l’état de santé de sa fille, c’est en larmes que sa mère, Nina Jairanee Purmasingh, explique : « Je ne peux pas vous répondre. Je ne sais pas ce qui va lui arriver ; les médecins non plus ne savent pas. » L’adolescente a été placée sous appareil respiratoire depuis son admission aux soins intensifs de l’hôpital Jawaharlal Nehru, où son état de santé a été jugé critique. Anisha, une de ses amies, témoin du drame, raconte : « Nous étions dans l’autobus de Rivière-du-Poste, le même que nous prenons tous les jours après l’école. » Selon elle, le véhicule transportait plus de passagers qu’autorisé. Les deux étudiantes étaient debout dans le véhicule et on leur a demandé, à plusieurs reprises, de reculer. Jusqu’à ce qu’elles se retrouvent coincées devant la sortie de secours. Arrivées à hauteur d’Union Park, à leur arrêt habituel, elles ont pressé la sonnette pour être déposées. Mais le chauffeur ne s’est pas arrêté. Soudain, la porte de secours se serait ouverte seule, raconte l’amie de la victime. Et c’est alors que le drame est arrivé. « En voulant refermer la porte, Keshvee a perdu l’équilibre et est tombée de l’autobus en marche. Sa tête a heurté violemment le sol dans un bruit sourd. » Elle ajoute : « Nous avons immédiatement appuyé sur la sonnette pour que le chauffeur s’arrête et lui avons répété que quelqu’un était tombé de l’autobus. » À la suite de quoi le chauffeur, Vikash Sookahee, un habitant de Mare-Tabac âgé de 39 ans,  aurait rétorqué : « Pa mo problem sa ! »
Le chauffeur s’est finalement arrêté deux arrêts plus loin pour laisser descendre les étudiantes. Elles se sont alors ruées jusqu’au lieu de l’accident pour s’enquérir de la situation. « Mais lorsque nous sommes arrivées, un volontaire l’avait déjà conduite à l’hôpital. J’ai aussitôt appelé son cousin pour l’en informer. » Anisha avance : « Le chauffeur n’est jamais venu sur place. Mes amies m’ont même dit qu’avant de se rendre au poste de police, après nous avoir laissées descendre, il leur a demandé de dire aux policiers que Keshvee était fautive et qu’elle avait sauté. »
La mère de Keshvee est, depuis, inconsolable. Sa nièce et sa belle-soeur expliquent : « Elle est très affectée par ce qui est arrivé à Keshvee. Il faut la comprendre, c’est sa mère. Elle n’a que deux enfants : Keshvee et son frère jumeau. Elle ne sait pas ce qui arrivera à sa fille unique. » Sa cousine ajoute : « Les médecins nous ont dit qu’elle avait de la fièvre et que c’était normal, du fait de l’infection. Mais à ce stade, il leur est impossible de savoir si elle réagira au traitement. » À l’heure où nous mettions sous presse, en début d’après-midi, Keshvee était toujours dans le coma, comme confirmé par sa cousine.
Vikash Sookahee, le conducteur de l’autobus, a pour sa part été soumis à un alcootest, qui s’est révélé négatif. Il maintient, auprès des forces de l’ordre, ne pas être responsable du drame. Dans sa déclaration, il a affirmé que c’est l’adolescente qui aurait délibérément sauté du véhicule alors que celui-ci était en marche. Il a également déclaré s’être immédiatement arrêté après que les adolescentes l’aient informé de la chute de Keshvee. La police enquête afin de faire la lumière sur les circonstances du drame.