Malgré la libéralisation du ciment qui devrait ainsi pousser à la concurrence et faire baisser le prix du ciment, la pochette de 50 kilos chez Lafarge Mauritius passera de Rs 162,80 à Rs 175 dès lundi, une hausse de Rs 7,1 %. La décision du gouvernement de libéraliser le ciment suivie de celle de la State Trading Corporation de se retirer du marché de l’importation, la hausse des attaques de pirates dans la région de l’océan Indien et le prix fort du ciment sur le marché mondial constituent les principales raisons de cette augmentation de prix.
La State Trading Corporation (STC) lançait un appel d’offres pour une année. Mais pour 2011, cette institution avait décidé de procéder à cet exercice concernant une période de six mois uniquement avec l’intention de le renouveler en juillet. Cependant, au mois de mai, le gouvernement enclenche la politique de la libéralisation des prix du ciment sur le marché local. Cette décision a poussé donc la STC à se retirer de l’importation du ciment à Maurice.
Ainsi, Lafarge se voit contraint à trouver une autre source en vue de compenser le volume de ciment que la STC aurait dû fournir à la compagnie cette année. « Quand nous prospectons sur le marché mondial en milieu d’année, les prix sont plus forts », soutient Vincent Lenette, Managing Director de Lafarge. La source que cette compagnie a choisie est aux Émirats Arabes Unis. La situation devient de plus en plus difficile dans ce contexte vu que la zone de piraterie ne cesse de s’étendre dans l’océan Indien depuis décembre. Les bateaux transportant du ciment doivent longer les côtes indiennes avant de mettre le cap sur Maurice en vue d’éviter des attaques. Du coup, les données changent pour Lafarge. Le round trip est allongé de huit jours, ce qui entraîne un surcoût en termes de navigation, de freight et d’assurance. D’où la décision de la compagnie d’augmenter le prix du ciment de 7,1 %. « Nous subissons cette augmentation depuis juillet et nous avons essayé de contenir le prix pour ne pas pénaliser le marché. Nous sommes à un point où nous sommes obligés de partager ce fardeau » concède Vincent Lenette.
Selon le Managing Director de Lafarge Mauritius, son entreprise va maintenir ce prix jusqu’à décembre. « Mais au-delà de cette date je ne peux rien garantir » conclut-il.