Elle a rejoint Lalit alors qu’elle n’avait que 17 ans. Enseignante de sociologie dans un collège de la PSSA, Cindy Clélie brigue les suffrages pour la deuxième fois. Résidente de Plein-Bois, elle a choisi d’être candidate dans la circonscription où elle habite, Rivière-des-Anguilles/Souillac (N° 13). Elle mène campagne en distribuant des tracts et en faisant du porte-à-porte en compagnie de ses camarades de parti. Nous l’avons suivie à Rose-Belle, en compagnie de Rajni Lallah et de Guilliana Sabine.
Mercredi, c’est jour de foire à Rose-Belle et les habitants de différents villages du Sud, y compris ceux du N° 13, convergent vers ce centre incontournable. Cindy Clélie et ses amies profitent de l’affluence pour faire connaître le programme de Lalit. Après une série de porte-à-porte dans le village, direction la foire située à proximité de l’hôpital Jawarharlall Nehru pour une distribution du journal du parti. « Bonzour ! Mo kapav donn ou enn lagazet Lalit ? » C’est ainsi que Cindy Clélie aborde les passants. Certains acceptent volontiers et donnent leur point de vue sur la politique du parti, tandis que d’autres marquent un temps d’hésitation avant d’accepter le journal que leur tend la candidate.
Vêtue d’une blouse jaune, la couleur de Lalit, Cindy Clélie va vers les membres du public d’un pas assuré, indépendamment du genre ou de l’âge. « Lalit ena enn program pou la sosyete. Sa de blok la pann fer naryen pou ou. Aster lavey eleksyon zot dir zot pou ogmant pansyon », dit-elle à une dame drapée dans son sari, sa tant bazaar à la main. Cette dernière profite de l’occasion pour lui confier ses souffrances. Elle se dit atteinte de plusieurs maladies et avoir en vain effectué de nombreuses démarches pour toucher une pension de l’État.
Un peu plus loin, la jeune candidate de Lalit aborde un homme qui lui partage ses opinions sur le parti. « Lalit a de très bonnes idées et je suis à 100 % d’accord avec vous. Malheureusement, il y a trop de capitalistes et vous ne pourrez pas imposer vos idées à cause du pouvoir de l’argent ». Cindy Clélie déclare avoir découvert Lalit à travers des tracts que son oncle, employé dans l’industrie sucrière, ramenait à la maison. « On y parlait de redistribution de richesses et de révolution socialiste. J’ai compris que les partis au pouvoir défendaient l’intérêt des capitalistes qui finançaient leur campagne et j’ai décidé de m’engager pour la cause des travailleurs. »
Enseignante de sociologie et âgée de 31 ans, elle explique qu’il est essentiel pour elle de s’engager, même si elle n’a aucun gain matériel en retour. « La priorité est la réflexion politique. Je m’engage par conviction, même si la société devient de plus en plus opprimante ». Ses élèves lui posent parfois des questions sur son engagement. « Ils me demandent si je mets en pratique ce qu’on prône dans Lalit. Par exemple, ils me demandent pourquoi je n’enseigne pas en kreol. Je leur explique alors que cette décision ne me revient pas et que je dois suivre les règlements de la PSSA ».
À quelques jeunes qu’elle rencontre à la sortie de la foire, Cindy Clélie explique la vision agroalimentaire du parti. « Dans le Sud, il y a des usines sucrières qui ont fermé. Nous disons qu’il faut reconvertir les terres pour assurer l’autosuffisance alimentaire. Cela permettrait également de créer de l’emploi ». À tous ceux qu’elle rencontre, elle rappelle que Lalit fait également campagne à la télévision. « Si ou anvi konn plis lor nou program pa bliye get televizion tanto », lance-t-elle avant de continuer sa distribution.