Sollicitée par l’équipe du film en chantier Lonbraz Kann, la comédienne française Marie Raynal a animé un premier stage de formation pendant quinze jours à Maurice avec une partie des comédiens qui devraient tourner en octobre. Comédienne et dramaturge, Marie Raynal fait partie de ces femmes de cinéma et de théâtre pour qui la vie et la réalité constituent la meilleure école de comédie. D’ailleurs, elle regrette que « les comédiens qui sortent des écoles de théâtre n’aient pas d’expérience de la vie réelle ».
« Cela faisait longtemps, nous confie Marie Raynal, que j’attendais que quelqu’un mette en place un atelier d’acteurs avant le tournage d’un film. De nos jours, avec les impératifs de rentabilité et les productions télévisées par exemple, les comédiens arrivent la veille du tournage ! J’aimerais que cette initiative de Porteurs d’images donne des idées aux réalisateurs. Ce genre d’atelier devrait être un minimum pour la préparation d’un film. C’est comme cela que l’on donne de la profondeur aux personnages. » Comédienne et dramaturge, notre interlocutrice a l’habitude de former des comédiens pour le théâtre ou le cinéma, mais ces stages n’ont jamais lieu dans le cadre du tournage d’un film.
Toutefois, elle était très étonnée qu’on lui propose de former à l’autre bout du monde, à Maurice, des comédiens masculins de plus de cinquante ans, qui parlent le créole, une langue qu’elle ne connaît pas. « Cette proposition m’a semblé audacieuse et bien mystérieuse au début. J’y croyais à peine. Puis quand j’ai pris connaissance du projet, que j’ai lu le scénario et j’ai rencontré David Constantin à Paris, j’ai compris pourquoi Sabrina Compeyron, la coscénariste, a fait le lien entre mon travail en France et le projet de Lonbraz Kann à Maurice. »
Cette joli brune aux grands yeux appartient à la famille du cinéma ou du théâtre social, qui traitent de sujets très actuels en lien avec la société de consommation ou l’accélération de évolution du monde. Les films historiques, les polars ou le divertissement, elle les laisse volontiers à ses confrères, incapable de s’imaginer dans ces registres. Cette ancienne infographiste est venue au 7e art par hasard, lorsqu’on lui a proposé un rôle. Elle a continué son premier métier parallèlement jusqu’à ce, qu’un jour, elle fasse le saut pour ne plus se consacrer qu’à la comédie sur scène et sur les plateaux, et aussi en coulisse, puisqu’elle a elle-même mis en scène cinq pièces de théâtre.