Plus d’une centaine d’acteurs et de figurants mauriciens ont pris part à ce projet. Des scènes d’action dignes d’Hollywood pour un film tourné exclusivement à Maurice. Un scénario qui met en avant les richesses et la beauté culturelles de l’île. Vous l’avez compris : Julie est une réalisation 100% mauricienne, orchestrée par Dany Adjodhya de Quadricolore Films & Entertainment Ltd. Le long métrage, qui est le fruit d’une grande collaboration, sera diffusé sur grand écran (au Star de Bagatelle) à partir du 6 mars.
Né de la rencontre entre le cinéphile Dany Adjodhya et la direction de la compagnie Gaz Carbonique, le long métrage surprend par la qualité de la photographie et le jeu des acteurs. Cela a séduit les producteurs (Gaz Carbonique) qui ont choisi d’investir dans le projet après qu’ils ont eu un aperçu du film. “Tout l’engouement et la passion qui existaient autour de Julie ne les a pas laissé indifférents. La direction s’est laissée convaincre par cette passion qui met en avant la créativité mauricienne”, souligne Benoît Souchon, chargé de la communication dans le cadre de l’avant-première du film. Quadricolore Films & Entertainment Ltd a vu le jour en 2009, avec pour objectif de montrer les valeurs mauriciennes.
Synopsis.
À l’origine, Julie devait être réalisé sous forme de court métrage et présenté au festival de courts métrages organisé par la Mauritius Film Development Corporation (MFDC) en 2008. Le scénario original avait été inspiré par Pascal Bestel et sa fille Aurélie. Leur histoire aurait duré vingt-six minutes. Mais au fur et à mesure qu’il tournait les scènes, Dany Adjodhya se rendit compte qu’il avait suffisamment de matière pour réaliser un long métrage. Il décida alors de se retirer du festival et choisit de se concentrer sur un projet de plus grande envergure.
Le synopsis se raconte désormais ainsi : le Dr Jeunet et sa fille mènent une vie paisible au Bukhasa, un petit pays situé sur la côte est-africaine. Malheureusement, suite à un coup d’État, le pays se transforme en véritable champ de bataille. Le médecin et sa fille sont recherchés pour avoir aidé les opposants du nouveau régime. Ils doivent impérativement fuir le pays pour survivre. Père et fille transitent à Maurice, où ils découvrent une île culturellement riche…
Talents.
Pour Dany Adjodhya, qui avait dans le passé mis en oeuvre Une journée de flic (2005), la tâche semblait facile lorsqu’il s’est lancé dans l’aventure. Mais le réalisateur a dû faire face très vite à la réalité. Il lui a fallu s’entourer d’un groupe de personnes pour réaliser Julie. Dany Adjodhya a pu réunir autour de lui quelques têtes connues des planches locales (Greta Boulaye alias Lelette, Guyanno Shadrac de la troupe Komiko), mais a également dû improviser en invitant des comédiens amateurs à participer à son projet. Parmi : Jean-François Antoine, Yudish Bhugbut, Wilson Casimir, Désiré Neveu et Patrick Vilbro. Plusieurs de ces derniers sont des employés de la compagnie Gaz Carbonique. “Le film a permis à ces talents de sortir de l’ombre. Ce qui est sûr, c’est qu’ils avaient en eux cette fibre d’acteur. Il a seulement fallu que je sache l’exploiter”, souligne Dany Adjodhya. Les chanteurs Laval Disco et Maïsta participent également au film.
Tournage.
Avec une seule caméra, des ressources minimales, des équipements modestes et des moyens limités, l’équipe de Julie n’a pas connu que des jours heureux. “Le manque d’effectifs se faisait sentir, et certains étaient stressés. C’était déprimant de travailler dans de telles conditions”, confie le réalisateur.
Au cours de l’entretien, ce dernier est rejoint par Pascal Bestel, qui raconte comment il a dû refaire plusieurs fois une scène en essayant de ne pas se soucier de l’eau glaciale.
Le tournage de Julie ayant lieu uniquement les samedis et les dimanches, après les heures de travail, il n’était pas toujours évident pour Dany Adjodhya de demander aux figurants de sacrifier famille, enfants et vie sociale. “Si Dany vous demande de lui consacrer deux heures, vous pouvez vous attendre à passer au minimum cinq à sept heures de tournage en sa compagnie. Il est perfectionniste et ne s’arrête pas tant qu’il n’a pas atteint son objectif. Dany a surtout le don de savoir convaincre les acteurs et de leur donner envie de répéter une scène”, raconte Pascal Bestel.
Aventure.
Dany Adjodhya estime qu’il n’aurait pas pu réaliser Julie sans l’envie et l’enthousiasme des acteurs. “Ça n’a pas été facile de tenir ce projet pendant ces cinq années. Il y a eu beaucoup de moments d’incertitudes, de doutes et de découragements. Sans oublier que j’ai endossé plusieurs rôles à la fois, dont celui de réalisateur, de monteur… Les acteurs étaient animés par une énergie de pionniers, qui m’a poussé à aller plus loin dans l’aventure.”
Une aventure qui leur a fait faire le tour de l’île, de Black River Gorges National Park au Mont Vert Nature Park, en passant par Albion, Baie du Tombeau, Quatre-Bornes, la zone industrielle de Gaz Carbonique et plusieurs autres endroits.
Julie est un film qui met en valeur les qualités de Maurice, auquel se sont ajoutées des scènes d’action afin de toucher le grand public. Une musique de fond originale, entièrement créée en studio par Yohann Lim Fat, Kereen Mihdidin et Ravish Ramdoss. Des chansons signées Maïsta (Less mo viv), Laval Disco (Zoli zoli), Dominique Barret et Meera Mohun (Mon coeur épris) et plusieurs titres du groupe Negro pou Lavi. Un générique de fin (Napa Saye ene coté), composé par Dany Adjodhya et Kennedy Charles. Julie contient tous les ingrédients d’une grosse production.