Maurice a déjà été présente au festival du court-métrage de Clermont-Ferrand à différents titres depuis plusieurs années, à travers l’association Porteurs d’Images ou certains de ses cinéastes tels que Wassim Sookia qui s’y est rendu en 2012 sans que l’association mauricienne n’y soit. En 2011, huit films mauriciens avaient été programmés en projection sous le volet Regards d’Afrique. En 2013, la chargée de projet d’Île Courts, Élise Mignot s’y est rendue avec Jon Rabaud qui y présentait une de ses créations. Celle-ci fait d’ailleurs remarquer que l’océan Indien est cette année bien représenté au marché de ce festival très réputé alors que peu de pays africains y figurent.
Les représentants de Porteurs d’Images proposent cette année un catalogue de trente-quatre films mauriciens (dont vingt-cinq produits par Île Courts) au marché du Festival de court-métrage de Clermont-Ferrand, qui s’achève aujourd’hui après une semaine de rencontres et projections. Outre les cinéastes ou producteurs indépendants qui ont peut-être fait eux-mêmes le déplacement, Île Courts était représenté par Joëlle Ducray, présidente de l’association, Élise Mignot en tant que chargée de projet et David Constantin en tant que fondateur et cinéaste.
Réalisatrice de La leçon d’anglais qui est né des ateliers d’Ile Courts 2012, Sophie Robert a été invitée par le festival, son film étant programmé dans la catégorie Regards d’Afrique. Le fils du charbonnier de Joël Valérie était également programmé mais le jeune réalisateur n’a pu faire le déplacement. S’ils ne font pas partie des films en compétition, le fait d’être inscrit à la programmation leur permet d’être projetés neuf fois, et donc vus par environ 5 000 personnes dont des diffuseurs et autres professionnels du secteur. Deux films mauriciens étaient visionnables sur les stands : It’s not a joke de Jon Rabaud et mu, un film d’animation de Chrystel Maurymoothoo qui a été montré dans la région à l’occasion du festival Malcolm de Chazal.
Il ne faut pas s’en réjouir car cela reflète certainement les difficultés de diffusion et de création du continent, mais l’océan Indien est en quelque sorte le seul stand d’Afrique présent au marché de Clermont cette année avec le Qatar et les Émirats Arabes Unis qui font leur entrée. Cela n’empêche pas bien sûr la présence d’autres films africains dans les programmes de Regards d’Afrique. Parmi les pays à faire leur entrée au marché à Clermont cette année, relevons aussi la présence de l’île-continent…
La création d’un stand océan Indien au marché de ce festival laisse aussi présager des jours meilleurs pour la création cinématographique et peut-être la diffusion dans la région. Si le festival mauricien n’a pas eu lieu l’an dernier, il devrait reprendre son rythme annuel dès le mois d’octobre 2014, renforcé par une consolidation des partenariats avec les autres festivals de la région… qu’il s’agisse des Rencontres du film court à Antananarivo qui ont été lancées un an avant Île Court, du Comourous International Film Festival qui a été créé en 2012 par Mohamed Saïd Ouma, ou bien entendu du FIFAI initié par Alain Gili de longue date, ce Festival du film d’Afrique et des îles qui offre une vitrine unique des films du continent et de la région, qu’ils soient longs, courts, fictionnels ou documentaires.
Ces rendez-vous régionaux sont ouverts autant aux professionnels qu’au grand public, offrant une occasion exceptionnelle de voir des films en salle et sur grand écran, qui ne sont guère diffusés habituellement ou sur les chaînes de télévision. Il est question, nous dit-on, de proposer un “bazar du film” au sein de ces festivals régionaux, qui tournerait chaque année dans un des quatre pays de la région. Cette structuration régionale permettra peut-être à terme de rendre un cinéma de l’océan Indien visible et identifiable, ce que chacune des îles peine considérablement à faire seule. À suivre…