François Guibert, Anil Gayan, Pradeep Roopun et Om Kumar Dabidin annonçant les activités de la semaine du cinéma hier à l’hôtel Labourdonnais

La 2e édition de la Mauritius Cinema Week, East Meets West, sera une plateforme idéale pour se pencher sur les stratégies à adopter concernant les fonds d’investissement destinés à soutenir les oeuvres audiovisuelles et cinématographiques ainsi que le développement de créneaux pour favoriser l’emploi des jeunes.

C’est ce qu’a dit souhaiter le ministre du Tourisme, Anil Gayan, face à la presse hier pour évoquer cette initiative conjointe de son ministère, du ministère des Arts et de la Culture, de la Mauritius Tourism Promotion Authority et de l’Economic Development Board. Cette 2e édition de la semaine du cinéma se tiendra du 18 au 21 octobre et verra la participation d’une trentaine d’artistes, de producteurs et de techniciens du cinéma mondial.

Les maîtres de cérémonie seront l’acteur indien Delip Tahil et l’actrice française Angélique Thomas. Parmi les autres célébrités attendues, l’on retrouvera Prabhu Deva et Nandita Das, à qui le Premier ministre, Pravind Jugnauth, rendra honneur lors de la cérémonie de remise des prix le 21 octobre au centre Swami Vivekananda, à Pailles. La cérémonie d’ouverture aura lieu le 18 octobre à 19h à la Demeure St Antoine, à Goodlands, en présence d’Elsa Zylbertein, de Kunal Kohli, de Neeraj Pandy, de Shital Bhatia, de Shekhar Kapur, de Prakash Jha, de Justin Chadwick et de Taran Adarsh, entre autres.

Outre le côté glamour, Anil Gayan a annoncé que l’objectif sera un peu différent cette année, où l’’accent sera mis sur l’aspect économique et le financement des films produits à Maurice. Ce sera ainsi l’occasion pour les producteurs, financiers, acteurs et tous ceux engagés dans la production de discuter affaires au cours de cette semaine du cinéma, qu’on souhaite pérenne à Maurice. « On va se concentrer lors des Master Class sur le volet finances et sur les possibilités d’emploi. Les échanges entre les jeunes et les professionnels du cinéma mondial seront bénéfiques pour le développement de ce secteur », explique le ministre.

Concernant le financement des films, Anil Gayan joue toutefois la carte de la prudence. S’il considère que le financement est « l’essence de cette industrie », il souhaite aussi « des règles très rigoureuses concernant les sources de financement afin que cela n’affecte pas notre secteur financier ». Il exprime ainsi sa volonté que « les vérifications soient effectuées au préalable ». Anil Gayan estime que la première édition a eu des retombées positives compte tenu du nombre de projets approuvés par l’EDB. Pradeep Roopun, ministre des Arts et de la Culture, est également intervenu. Il a ainsi estimé qu’autrefois, « l’accent était mis sur le tournage des films, mais aujourd’hui, il s’agit de se concentrer sur les possibilités d’emploi » dans ce secteur.

La Mauritius Film Development Corporation est devenue depuis 1986 un “One Stop Shop” pour accorder les facilités nécessaires aux producteurs locaux et étrangers pour le tournage des films. Le ministre Roopun souhaite ainsi que le cinéma devienne « un des piliers de notre économie ». Lors des ateliers de travail attendus, les participants se pencheront sur les meilleures stratégies à adopter pour financer et produire des films. La rédaction et la réécriture du scénario, la postproduction, la production vidéo, les effets spéciaux et l’ébauche de “business plan” seront les principaux thèmes des conférences. François Guibert, nouveau CEO de l’EDB, rappelle pour sa part que la semaine du cinéma organisée en 2017 a permis la réalisation de quatre projets, de l’ordre de Rs 735 millions. Certains producteurs ont même financé des films comme “selfie” pour la somme de Rs 55 millions. Et de dire aussi souhaiter l’ouverture de studios et d’une école du cinéma.

Nanda Narrainen, Head Creative Industries à l’EDB, nous a annoncé que sept films, dont Rajneet et The Pianist, seront projetés au MCiné, Trianon. De 2017 à ce jour, une somme de Rs 3,2 milliards est dans le “pipeline” et, grâce au Film Rebate Scheme, Maurice se transforme peu à peu en plateau de tournage.