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Pour Raffick Bahadoor, président de la Taxi Proprietors Union, les temps sont durs et le resteront tant que les activités économiques tourneront au ralenti. Il regrette que le confinement perdure, avec un nombre restreint de personnes ayant repris le travail. « Tout dépend des autorités. Si elles gardent tout le monde enfermé, comment allons-nous opérer ? Actuellement, les foires et les marchés sont fermés, les magasins aussi, les gens ne peuvent circuler… Comment allons-nous travailler ? » se demande-t-il.

Il explique également que dans la conjoncture, le public voyageur n’a pas les moyens pour un « local » et doit se contenter du transport collectif. « Avec une limite de trois personnes autorisées par taxi, c’est sûr que cela a un coût sur les opérations. Par exemple, si un trajet coûtait Rs 125 auparavant, on divisait le chiffre par cinq personnes. Mais avec trois passagers, il faudra diviser par trois. Il est donc normal qu’il y ait un impact sur le prix. »

Raffick Bahadoor regrette également que le gouvernement n’ait pas revu le prix de l’essence à la baisse, ce qui aurait soulagé les chauffeurs de taxi. « Nous avons vu que le prix a dégringolé sur le marché international. Si au moins on répercutait cela sur le prix pratiqué localement, nous aurions pu réduire le coût d’opération, mais on n’a rien fait. » De même, il regrette « l’absence de dialogue » du gouvernement avec les petits opérateurs concernant la situation. « J’ai vu Joe Lesjongard, ministre du Tourisme, à la télé, et il n’a fait que répéter « notre Premier ministre, Pravind Jugnauth, notre Premier ministre, Pravind Jugnauth ». Mais que va-t-il faire pour nos collègues qui travaillent avec les hôtels alors que ces établissements restent fermés ? Est-ce qu’on a un plan pour eux ? C’est cela que nous voulons entendre, car tout le monde sait que Pravind Jugnauth est le Premier ministre de ce pays. »

Pour permettre aux chauffeurs de taxi de garder la tête hors de l’eau, Raffick Bahadoor suggère un moratoire de deux ans pour ceux dont les taxis ont atteint 20 ans. « Avec la situation économique, il sera très difficile pour un chauffeur de taxi d’aller s’endetter pour acheter une nouvelle voiture. Je souhaite que les autorités accordent un moratoire de deux ans pour remplacer un taxi de 20 ans, en attendant que la situation s’améliore. »

De même, il souhaite que les chauffeurs de taxi continuent de bénéficier du soutien financier de Rs 5 100 pendant six mois. « Beaucoup de nos camarades ne peuvent reprendre leurs activités. Outre ceux des hôtels, il y a aussi ceux basés à l’aéroport, qui sont dans une situation critique. C’est pour cela que j’avais suggéré la mise sur pied d’un Taxi Welfare Fund. On aurait pu au moins puiser de ce fonds pour aider les chauffeurs de taxi dans les moments difficiles. »

Raffick Bahadoor rappelle que même si des arrangements ont été faits pour que les chauffeurs de taxi puissent payer leur déclaration et assurance après le confinement, il y aura toujours des frais à encourir. « Pour payer il faudra payer. Il ne faut se leurrer en croyant qu’on est en train de nous aider. »