Le drame aurait pour toile de fond un vol, racontent les proches de la victime. Il s’avère qu’hier matin, Stellio Collet a été travailler à Batterie-Cassée. À son retour, des voisins l’ont informé avoir aperçu un membre de la famille Genave sortir de chez lui plus tôt, durant la journée. Rencontré à son domicile, dans l’après-midi, Benjamin Collet, le père de la victime indique que le voleur présumé aurait fait irruption dans leur maison en passant par la fenêtre qui se trouve au rez-de-chaussée et aurait forcé une armoire pour y voler de l’argent. Les traces de boue se trouvant sur le rebord de la fenêtre pouvaient confirmer ses dires. Personne ne s’y trouvait à l’heure où le vol a été commis. Il ajoute avoir constaté qu’une somme de Rs 5 000, gardée dans l’armoire, avait disparu.
C’est ainsi que Stellio Collet a été demander des comptes à l’auteur présumé du vol — qui n’en serait pas à son premier délit dans la région. Il était alors 13 h 15. La victime devait alors avoir affaire à plus nombreux et mieux armés que lui, vu que les proches du voleur présumé — notamment ses frères, sa mère et sa petite amie — sont intervenus. « Zot ti agres li avek enn lamans pios, ti ena tournvis avek zot ek de, trwa dibwa », raconte, sous le choc, Fannie Jean, une proche de la famille ayant été témoin du drame. « Mo pann kapav tirer akoz mo’nn fek fer enn operasion. » La dispute, qui a éclaté dans la rue, devait se poursuivre jusque dans la maison des Collet. En effet, grièvement blessé, Stellio Collet a tenté d’échapper aux mains de ses agresseurs en se réfugiant chez lui, sans savoir que ces derniers l’avaient poursuivi. « Li ti pe kras disan », se souvient Fannie Jean. Cependant, cela n’a pas empêché les membres de la famille Genave de le passer à tabac à nouveau, et ce, sous le regard impuissant de ses proches, jusqu’à ce qu’il s’écroule sur le sol. Voyant que Stellio avait perdu connaissance, ses agresseurs ont finalement quitté les lieux. « Monn kriye Tico ! Tico ! Monn pran parfin monn met dan so figir, linn ouver so lizie apre linn referm li », ajoute Fannie Jean, présente lors des derniers instants de Stellio Collet.
Transporté d’urgence à l’hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam par des volontaires à 14 h 20, le décès de la victime y a été constaté. Entre-temps, la brigade criminelle de Terre-Rouge a été alertée de ces échauffourées et s’est aussitôt rendue à Cité Bois-Marchand avec du renfort pour procéder à l’arrestation des suspects. Cette opération a nécessité un important déploiement du personnel de la Special Supporting Unit (SSU) et des éléments du Groupe d’Intervention de la Police mauricienne (GIPM), entre autres. Ces derniers ont dû faire face à une foule très hostile, qui n’a pas hésité à leur lancer des pierres lorsqu’ils sont arrivés sur les lieux. Ce n’est pas sans mal que s’est déroulée l’arrestation des neuf suspects, car, au terme de cette opération, deux véhicules de police avaient été endommagés et trois membres de la SSU se sont retrouvés à l’hôpital. Deux d’entre eux ont bénéficié d’un « sick leave » après avoir obtenu des soins tandis que le troisième a été admis. Après avoir été soumis à un interrogatoire serré, quatre des neuf suspects ont été placés en détention. Il s’agit de Joel Genave, 20 ans, de son frère Jossley Genave, 25 ans, et du mineur de 14 ans et de leur mère, Josseline Genave, 47 ans. Un cinquième suspect, Josian Genave, 28 ans, a été admis à l’hôpital Jeetoo sous surveillance policière.
Cela faisait uniquement trois ans que Stellio Collet est revenu vivre à Cité Bois-Marchand, racontent ses proches, soit peu de temps après le décès de sa mère. Il laisse derrière lui sa compagne, une jeune femme de 18 ans, et ses cinq enfants, âgés entre 8 ans et 18 ans. L’un d’eux, qui est actuellement au collège, a appris la nouvelle en regagnant le domicile familial, hier après-midi. Avant même d’avoir eu le temps de déposer son cartable, la collégienne répétait, en larmes, « Mo papa kote ? Mo papa kote ? ».
Par ailleurs, les habitants de Cité Bois-Marchand remettent en question le travail de la brigade criminelle de Terre-Rouge. D’après eux, le drame aurait pu être évité. « Si la police ti konn pran so rol serye, pa ti pou ena krim isi azordi », ont-ils déclaré au Mauricien hier après-midi. « Sa bann dimounn-la se bann voler nimero enn dan Bois-Marsan. Depi mwa desam, voler inn pas dan lekol, CID o kouran kisana inn kokin ek se mem dimounn », ont-ils avancé.  Et de déplorer : « Dimans zot inn revinn kokin dan lekol. CID inn gegn zot non, inn kone komie dimounn inn rantre inn kokin me ziska zordi zot pann fer narnie. Pa ti pou ena krim zordi si zot ti konn pran zot responsabilite. »
Accusés provisoirement de meurtre, quatre des cinq suspects — Joel Genave, Jossley Genave, le mineur de 14 ans, et leur mère, Josseline Genave — ont comparu devant le Tribunal de Pamplemousses cet après-midi. Le cinquième est toujours admis à l’hôpital.