Lors de son intervention au meeting nocturne du Remake MMM/MSM hier soir à Cité Briqueterie, Paul Bérenger, leader du MMM et de l’opposition parlementaire, a énuméré les scandales qui ont été étalés à l’Assemblée nationale, à la suite des Private Notice Questions (PNQ) qu’il a posées à différents ministres. Il a évoqué un de ses prochains thèmes : la construction de routes à péage à Port-Louis. Sir Anerood Jugnauth, leader du Remake a pour sa part déclaré qu’il est faux de dire que les municipalités gérées par l’opposition, seraient à court de finances.
Paul Bérenger a débuté son allocution en invitant l’électorat des villes à donner une correction à deux niveaux au pouvoir actuel : le premier, au niveau des administrations municipales et le second à celui du pays tout entier. Il considère qu’il y a eu une dégradation dans toutes les cinq municipalités, à tel point que les dirigeants de l’alliance n’ont accordé d’investiture à aucun des maires sortants. Pour lui, il s’agit d’une motion de blâme à leur égard.
Le leader du MMM a critiqué la décision d’interdire aux radios privées toute intervention des membres du public sur les élections municipales, considérant cela comme étant un viol de la démocratie. Mais il est confiant que de telles décisions, comme celle d’interdire aux députés de se porter candidat pour un siège municipal, avec la nouvelle Local Government Act, ne priveront pas l’opposition d’une grande victoire.
Paul Bérenger a par ailleurs parlé de ses PNQs qui ont permis d’étaler au grand jour des « scandal lor scandal ». Il a cité le cas des Timol, celui du trafic d’armes allégué, du membre du personnel enseignant du MITD non qualifié et qui serait un pédophile, l’affaire Hemant Bangaleea, la Tertiary Education Commission (TEC), de même que l’affaire Gros Dereck. Quant à cette dernière, il fera remarquer que c’est à la suite des pressions provoquées par des questions supplémentaires qu’il a posées lors de la PNQ que l’on a entrepris des démarches auprès du juge en chambre pour obtenir l’autorisation de vérifier les portables saisis sur ceux qui ont été arrêtés. Cette demande a été faite le 21 novembre, soit quatre mois après les arrestations d’Ashish Dayal et de Gros Dereck. Selon le leader du MMM, il s’agit d’une tentative de cover-up.
Mais il y a un autre dossier que le leader de l’opposition voudrait faire état à l’Assemblée nationale : les routes à péage qui seraient construites à Port-Louis au coût de Rs 30 milliards, dont le maître de l’ouvrage serait la firme Colas, et l’administration du péage, confiée à une société étrangère, à qui reviendraient les recettes provenant de l’utilisation de ces routes.
Paul Bérenger pense que le temps est arrivé de se débarrasser des dirigeants actuels, qui pourrissent le pays jusqu’à la moelle, et des « minis fiascos ». Il a cité en exemple Xavier-Luc Duval, Rashid Beebeejaun, Michaël Sik Yuen et Jim Seetaram.
Succédant le leader du MMM, sir Anerood Jugnauth a d’emblée soutenu que le problème N°1 du pays s’appelle Navin Ramgoolam. « Ris pe vinn pli ris, middle class pe disparet ek pov pe vinn pli pov. Li pena oken komitment pou sa pei-la », a-t-il fait remarqué.
Le leader du Remake a lancé le défi aux députés de la majorité de venir dire hors du parlement que Nando Boda est impliqué dans l’affaire de Bois de rose. Sur ce que Navin Ramgoolam a laissé entendre sur le terrain de Pailles, l’ancien PM a précisé qu’il en a fait l’acquisition alors qu’il travaillait comme avocat. « Li enn gran ipokrit, li invant enn ta kit soz. » Il a réfuté l’argument mis en avant par le PM selon lequel, en tant que président de la République, il aurait déconseillé à Navin Ramgoolam d’introduire le transport gratuit. « Transpor gratis finn koumanse en 2005. Me depi elektyon Navin pa ti vinn Réduit ditou. Se enn an apre ki li ti finn rebien ar mwa », a-t-il fait ressortir.