Une semaine après le drame qui a coûté la vie à 11 de nos compatriotes dont les frères Tewary, la douleur est vive chez la famille de Cité-la-Chaux. Amrish Tewary, 24 ans, père de deux enfants de 9 ans et 4 ans, et son frère Trishul Tewary, 19 ans, sont les victimes du tunnel de la mort. Brinda Tewary, 52 ans, mère des deux frères, et Sarah Tewary, 23 ans, épouse d’Amrish, s’interrogent toujours sur les circonstances du drame. Cete dernière a assisté, impuissante, à la scène qui a coûté la vie à son époux. Lequel a, sous la furie des eaux, été englouti sous ses yeux. Un scénario qu’elle ne cesse de revivre et de ruminer dans sa tête. Face à cette douloureuse épreuve que la vie lui a réservé à un si jeune âge, sans crier gare, cette jeune mère de famille, sans ressources, lance un appel à l’aide. Elle espère une assistance financière soutenue de l’État ou d’Organisations non-gouvernementales.
D’ores et déjà, loin d’être insensibles et face à la générosité connue des Mahébourgeois, quatre jeunes, sous l’égide d’un proche parent, Pravesh Ramful, a monté le groupe Mahebourg Solidarity visant à aider la veuve d’Amrish à terminer la construction de sa maison. Faute de ressources financières, ils font, toutefois, appel à la bienveillance des Mauriciens pour les aider financièrement et matériellement. Ils ont pu, à ce jour, souligne Pravesh Ramful, trouver un réservoir d’eau et un lavabo.
Sarah Tewary, la veuve de 23 ans – qui se retrouve seule à élever deux enfants, Diya, 9 ans, et Kushal, 4 ans – que Week-End a rencontrée à son domicile, jeudi, réclame « de grâce, une aide financière de manière soutenue des autorités afin d’élever ses deux enfants orphelins de père le plus sereinement possible. » Perdue dans ses pensées depuis ce drame et inquiète pour l’avenir, Sarah qui habite au-dessus de la maison de sa belle-mère, Brinda Tewary, 52 ans, veuve depuis deux ans, ne sait plus à quel saint se vouer.
Si la famille Tewary est unanime à reconnaître que les habitants de Cité-la-Chaux et de Mahébourg l’a soutenue dans le double drame qui s’est abattu sur elle, elle appréhende l’avenir. En effet, intervient Pravesh Ramful, présent au moment de l’entretien, avec la perte d’Amrish et de Trishul, ce sont deux maillons forts, soit des « bread winners« , que la famille perd par là-même. « Trishul subvenait aux besoins de sa mère malade et dans l’incapacité de travailler et s’occupait aussi de son oncle maternel, victime d’un lourd handicap. Quant à Amrish, il pourvoyait aux besoins de sa femme et de ses deux enfants en bas âge« , explique-t-il. Ainsi, poursuit cet ancien président de la Student Union de l’Université de Maurice (UoM), « les vrais victimes sont ces familles endeuillées qui se retrouvent sans leur pilier. Nous sommes reconnaissants pour les biens reçus jusqu’ici, mais il nous faut songer à l’avenir et penser à long terme. Il ne faut, donc, pas oublier ces familles. Il leur faut une aide soutenue de façon à ce que les deux enfants d’Amrish grandissent dans la sérénité et puissent s’épanouir pleinement. »