Des parents d’élèves de la région de Cité-La-Chaux, Mahébourg, se sont rassemblés ce matin pour exprimer leur mécontentement face à une situation qui perdure depuis deux ans : un seul bus scolaire, disent-ils, assure la liaison de leur village à Mahébourg. Censé arriver à 8 h 20, le bus a généralement un retard de 20 à 30 minutes et transporte… plus d’une centaine d’enfants en bas âge. Leurs doléances, déplorent-ils, n’ont pas été entendues, que ce soit du côté de la NTA ou des policiers de Mahébourg. Présents sur les lieux, les policiers ont autorisé le bus à circuler, alors que la loi interdit de le faire avec plus de 6 ou 7 personnes debout.
À proximité de la Vierge Noire à Cité-La-Chaux, plus d’une centaine d’écoliers attendent le bus scolaire. Eloïc, 9 ans, nous raconte son calvaire quotidien. « Pena plas. Nu bizin débouté. Ena fois ena grand dimoune monte dan sa bis la. Kan bis la fer contour, nu tomber », raconte-t-il.
Ce matin, le bus est arrivé au point de rendez-vous à 8 h 45, alors que les classes de l’école RCA débutent à 8 h 50. Le bus doit parcourir deux kilomètres avant d’arriver à destination. Lorsque le véhicule arrive, c’est la bousculade. Au final, il n’embarquera pas moins d’une centaine d’enfants, dont une trentaine qui voyageront debout, alors que d’autres encore n’y trouveront pas place.
Devant la forte présence policière sur les lieux, ces mères de familles ont, d’une seule voix, fait part de leurs doléances. « Ress dan coin. Bizin laiss bis la alé, zot pu en retard pu lekol », devaient leur ordonner les policiers. Interrogés sur les raisons pour lesquelles ils ne verbalisent pas le chauffeur du véhicule, certains officiers répondent vaguement : « Enn tas demars inn fer sa », sans dire en quoi consistent ces démarches. Un constable dira néanmoins au Mauricien qu’il a fait du « community policing » en vue de trouver une solution de concert avec les habitants.
Interrogé, un surintendant de Police, présent sur les lieux, lance : « Kot bus la, mo pa trouve li moi. » Lorsque nous l’informons que ses officiers ont autorisé le chauffeur à s’en aller, il répond : « Mo pas ti la moi. » Deux minutes plus tard, les sept véhicules de la Police s’en vont, laissant les parents d’élèves sur place.
Interrogé par Le Mauricien, le maître d’école, Claude Jean, indique que la moitié de la population de son établissement vient de Cité-La-Chaux. « C’est vrai, nous avons des retardataires tous les jours », confirme-t-il. « Ils arrivent souvent à l’école perturbés et frustrés, car ils doivent parfois se battre pour avoir une place dans le bus. La journée commence mal pour eux ». Étant lui-même un habitant de Cité-La-Chaux, il constate de ses propres yeux le problème tous les jours. « Ce matin même, un groupe d’élèves est arrivé à 9 h 20. Je les ai auparavant aperçus près du terrain de football. Ils ont dû prendre le bus de Blue-Bay et non le bus scolaire », dit-il. Notre interlocuteur poursuit : « Un parent d’élève s’est dérangé, la semaine dernière, pour me dire qu’il a vu un garçon tomber du bus par la porte arrière, juste devant l’école. »
Par ailleurs, les mères de famille expliquent qu’elles sont souvent contraintes d’envoyer leurs enfants à l’école en taxi par peur de les voir tomber. « Tous les jours bizin rode kass alors ki bus lekol passé. Ki fer personn pas tandé ? Mo tifi al college Rose-Belle. Tous les jours li en retard. So rekter konpran mais zot dir ki pas pou kapav tolere sa tout les temps », dit Pascaline St-Mart.
Ces habitants excédés se demandent s’il faudrait qu’il y ait « un accident grave ou mort d’homme » pour qu’enfin les autorités agissent.