Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de l’environnement, le Pesticide Action Network a organisé samedi dernier au centre social de Cité La Chaux à Mahébourg des tests de cheveux pour évaluer le degré d’intoxication des personnes testées au mercure. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) les personnes exposées au mercure risquent de connaître des problèmes de santé comme des éruptions cutanées, des effets nuisibles pour le système nerveux central et des anomalies congénitales, voire la mort en cas d’intoxication extrême.
« La région de Mahébourg, dont Cité La Chaux, est une des régions de Maurice où les habitants consomment beaucoup de poissons. Alors que nous savons tous que cet aliment procure énormément de bénéfices nutritionnels, nous ne sommes pas sans le savoir, hélas, qu’il existe aussi de forts concentrations de mercure dans le poisson. » C’est ce qu’explique au Mauricien, Hemsing Hurrynag, président du Pesticide Action Network Mauritius (PANeM), une organisation non gouvernementale créée en 2005 et ayant pour mission d’inciter les Mauriciens à adopter des pratiques écologiques pour remplacer l’utilisation de pesticides chimiques dangereux.
Selon Hemsing Hurrynag, l’exposition au mercure constitue un des plus gros risques pour la santé des femmes enceintes, qui allaitent et en âge de procréer ainsi que celle des enfants. « Une fois ingéré, le mercure traverse le placenta et cause des dommages irréversibles au cerveau du bébé. Les mères qui allaitent peuvent également transférer le mercure à leur enfant lors de l’allaitement », affirme-t-il.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que les personnes exposées au mercure risquent de connaître des problèmes de santé, comme des éruptions cutanées, des effets nuisibles pour le système nerveux central et des anomalies congénitales, et même la mort, en cas d’intoxication extrême. Le mercure et ses composés constituent l’un des dix groupes de produits chimiques extrêmement préoccupants pour la santé publique, selon l’OMS. Cette organisation onusienne a identifié ces produits comme hautement dangereux et des mesures supplémentaires s’imposent pour prévenir leurs effets préjudiciables sur la santé.
Le mercure est toxique, persistant (il ne se décompose pas dans l’environnement) et bioaccumulatif (il s’accumule dans les organismes vivants, dont l’homme). Dans sa forme vaporeuse, le vent peut le transporter sur de longues distances. Le mercure est par conséquent nocif pour les êtres humains, et en particulier pour les femmes enceintes, les nourrissons et les enfants.
« Ainsi, une exposition au mercure organique, même à des niveaux qui ne semblent pas au préalable pouvoir affecter la mère, peut porter atteinte au développement du système nerveux du foetus. Les enfants ainsi affectés peuvent démontrer une coordination et un développement réduits, une intelligence moindre, un manque de développement de l’ouïe et de l’expression verbale, une paralysie partielle du cerveau et des problèmes de comportement », s’alarme Hemsing Hurrynag.
« Le mercure est éliminé du corps de façon naturelle, mais cela peut prendre une année. C’est pourquoi, les femmes voulant fonder une famille doivent éviter de manger de gros poissons avant de tomber enceinte », conseille le président du PANeM.
Selon Hemsing Hurrynag, le mercure est bioaccumulatif, c’est-à-dire qu’il s’accumule dans la chaîne alimentaire. Un gros poisson prédateur (par exemple, le thon rouge, le requin et l’espadon) accumulera au cours de sa vie plus de mercure puisqu’il additionne dans sa chair le mercure de tous les petits poissons qu’il a mangé. « Voilà donc pourquoi il existe une recommandation de limiter la consommation de ces poissons à un repas par semaine (un par mois pour les enfants et les femmes enceintes ou qui allaitent). Bref, on peut opter autant que possible pour des espèces de poisson de petite taille et on espace nos repas de gros poissons prédateurs. Une fois ces précautions prises, on ne laisse surtout pas la crainte du mercure freiner notre consommation de poisson ! Le poisson regorge de bienfaits pour la santé, bien au-delà des risques ! », lance le président de l’ONG pour éviter de paraître alarmiste. « N’oublions pas que 70 % des poissons et de fruits de mer contiennent des niveaux très bas de mercure », poursuit-il.
Quoi qu’il en soit, le test mercurique des cheveux de samedi denier organisé par le PANeM au centre social de Cité La Chaux aura permis aux participants de prendre conscience du danger de l’exposition au mercure et de la présence de ce métal lourd dans certains types de poissons.
« Le dosage du mercure capillaire donne un certain reflet de l’accumulation du mercure dans les cheveux au cours des derniers mois (indicateur d’exposition à court ou moyen terme) », ajoute Hemsing Hurrynag, qui annonce que la quinzaine d’échantillons ainsi recueillis seront envoyés aux États-Unis pour analyse.
Le PANeM se propose de faire demain dans le village de Grande-Rivière-Sud-Est un autre test de cheveux pour détecter la présence de mercure dans l’organisme humain.