Le Mouvement Autosuffisance Alimentaire (MAA) a démarré, il y a peu de temps, un microprojet de production d’oeufs auprès de 17 familles à revenus modestes à Cité La Cure. C’est Marie-Rose Plaiche, 45 ans, qui mène ce groupe de producteurs d’oeufs, qui leur procure des revenus additionnels pour améliorer leurs conditions de vie.
« J’ai commencé avec cinq pondeuses et une cage qui m’ont été offertes par la MAA. Par la suite, j’ai acheté cinq autres pondeuses en plusieurs occasions jusqu’à en avoir 30, ce qui me donne une vingtaine d’oeufs quotidiennement », déclare Marie-Rose Plaiche. Selon elle, ce microprojet aide énormément les familles modestes, qui obtiennent d’abord des oeufs pour leur propre consommation et peuvent ensuite tenir un commerce de proximité. Marie-Rose Plaiche, qui n’avait jamais élevé de poules dans sa vie, souhaite maintenant agrandir sa petite entreprise « qui rapporte bien ». Seul l’espace lui manque.
Éric Mangar, directeur de la MAA, déclare que les familles concernées veulent toutes avancer dans la vie. « Il faut juste leur donner les outils et l’encadrement nécessaires », dit-il, rappelant que cette démarche est de faire de ces gens des petits entrepreneurs. Ce projet existe depuis une trentaine d’années. Il a pour but d’assurer la sécurité alimentaire des familles à faibles revenus, car très souvent ces familles, principalement les enfants, souffrent d’un manque de protéines. « Nous voulons rendre les oeufs accessibles à cette catégorie de la population », déclare Éric Mangar. Il s’agit aussi de développer la petite paysannerie parmi la population à revenus modestes. Celle-ci qui existait auparavant a presque complètement disparu à Maurice. « C’est important pour notre propre équilibre dans une société, qui perd de plus en plus ses valeurs », déclare-t-il. Il se dit ainsi convaincu que l’agriculture, l’élevage et la production d’oeufs peuvent amener un renouvellement des valeurs au sein de notre société.
La MAA souhaite aussi attirer plus de jeunes vers l’agriculture. Selon son directeur, ceux-ci ne sont pas assez intéressés par l’agriculture et l’environnement. « C’est une grande occasion pour eux de développer des compétences d’agriculture et d’élevage, qui les aideront un jour à atteindre la sécurité alimentaire. » Certaines personnes ayant commencé avec cinq poules en comptent aujourd’hui des milliers dans leur élevage.