Il subsiste une divergence d’opinions concernant le fait de savoir si les maisons des squatters démolies durant la semaine rue Marjolin, à Cité-la-Cure, étaient occupées ou pas. Selon le ministre des Terres et du Logement Abu Kasenally, seules les maisons de squatters inoccupées et inachevées ont été détruites. Mais du côté des ex-squatters, on affirme le contraire. Nombreux soutiennent en effet que les abris qu’ils occupaient ont été détruits lors de l’exercice de “pulling down” de mercredi dernier.
Le ministre des Terres et du Logement a affirmé au Mauricien avoir donné des instructions à la police pour la démolition des maisons qui n’étaient pas habitées ou qui étaient « incomplètes », et ce afin de décourager le squatting. Mais les squatters que nous avons rencontré sur place affirment, eux, qu’ils y logeaient et que ces structures ont été malgré tout démolies. Certains soutiennent que leurs effets personnels ont été emportés et endommagés durant l’exercice de démolition mercredi dernier et qui avait, pour rappel, mobilisé une forte présence policière, provoquant même des échauffourées.
Le ministre Kassenally affirme détenir comme preuves des photos prises par la police, ajoutant qu’un rapport sera établi subséquemment. « J’ai été très spécifique concernant la destruction, qui ne devait s’appliquer uniquement qu’aux maisons inhabitées et incomplètes », dit le ministre.
Dans un communiqué émis par le ministère des Terres et du Logement, il est indiqué que 21 squats ont été détruits et que ceux-ci étaient construits sur un terrain de l’État « marécageux et inondable », en l’occurrence sur la berge de la rivière de Vallée-des-Prêtres, sujette à des débordements. Plus loin, il est précisé qu’une quarantaine de structures habitées n’ont pas été détruites. « C’est dans leur propre intérêt que cette mesure a été prise. Ces maisons se trouvaient sur des terres marécageuses et ce terrain n’était pas convenable pour accueillir des constructions », déclare notre interlocuteur.
Le ministre souligne qu’en 2009, un consensus avait été trouvé pour reloger 43 familles qui se trouvaient sur cette même portion de terrain et qui ont dû être évacuées pour les mêmes raisons d’insécurité de l’autre côté de la rue Marjolin vers des lieux situés en hauteur. Le gouvernement, poursuit-il, leur avait accordé une portion de terre avec les infrastructures nécessaires, à savoir l’électricité et l’eau. Toujours selon le ministre, certaines familles ont refusé d’être délogées et sont donc restées à occuper les terres situées sur la berge de la rivière. Le temps s’est écoulé depuis et d’autres squatters se sont installés sur ce terrain, ajoute Abu Kassenally. Certains se sont même raccordés illégalement au réseau d’eau et d’électricité, ce qui, rappelle le ministre, est illégal.
Les déclarations diffèrent aussi quant au délai accordé à ceux qui occupaient illégalement ces terres pour la démolition des structures. Le ministre Kassenally affirme que les familles ont été informées de l’exercice de démolition à travers des « Notice to Squatters », ajoutant que des avis ont été servis à plusieurs reprises dans le passé à ceux qui occupaient illégalement ces lieux. Or, les squatters que nous avons rencontrés se sont insurgés contre l’absence de délai suffisant pour leur permettre de s’organiser et de récupérer les feuilles de tôles, le bois ainsi que leurs effets personnels.