Suite à l’incendie qui a complètement ravagé les maisons de cinq familles de Cité Longères Tôle à Baie-du-Tombeau dans la soirée du 25 décembre, le cabinet a pris note que des dispositions ont été prises pour venir en aide aux victimes, soit l’ouverture du centre communautaire de Baie-du-Tombeau pour les accueillir et leur fournir des repas. En outre, la National Empowerment Foundation devrait organiser la construction de logements temporaires pour les victimes sur le même site. Par ailleurs, le ministre du Logement, Steven Obeegadoo, rassure qu’un moyen pour offrir un logement décent sera trouvé d’ici au début de l’année 2020.

L’État n’a pas de logements disponibles en ce moment pour accueillir les sinistrés de cet incendie — tous les logements construits par la National Housing Development Co Ltd (NHDC), aussitôt construits, sont alloués. C’est ce que nous a affirmé Steven Obeegadoo, qui indique que « on se démène pour trouver un moyen pour offrir un logement alternatif à ces personnes au plus vite. Je ne peux pas vous en dire plus parce que je ne peux pas préjuger de la conclusion de toutes les différentes pistes qu’on est en train d’étudier pour savoir comment faire. Au moment où vous me parlez, nous cherchons une solution dans l’urgence pour que d’ici au début  de janvier on puisse aider ces familles à retrouver un logement autre que le centre communautaire. »

Parallèlement, la police mène son enquête pour déterminer les causes de l’incendie. « Cela semble intrigant, troublant qu’un autre incendie se déclare en l’espace d’un mois. Néanmoins, quelles que soient les conclusions de la police, on a un problème humain sur les bras auquel il faut trouver une solution », dit-il. Pour rappel, le 25 décembre à Cité Longère Tôle, quatre maisons avaient été complètement ravagées par les flammes. Quatre familles sont concernées, essentiellement les Baptiste. Lorsque l’incendie se déclenche, la plupart des familles ne sont pas là. Les pompiers arrivent et, en maîtrisant le feu, les jets d’eau utilisés par ces derniers vont endommager une cinquième maison. « C’est pour cela qu’on se retrouve avec cinq familles sinistrées », explique Steven Obeegadoo.

Les familles Fidèle, Adolphe et Baptiste, soit cinq hommes, cinq femmes et quatre jeunes garçons ont ainsi eu accès au centre communautaire de Baie-du-Tombeau suite à l’intervention des ministres Jeewa-Daureeawoo, responsable de l’Intégration sociale, et Koonjoo, qui gère les centres communautaires par le biais du Sugar Industry Welfare Fund. « En attendant de trouver une solution, ma collègue Fazila Jeewa-Daureeawoo fait de son mieux pour rendre leur existence moins pénible. J’espère aussi avoir le concours des gens de bonne volonté, des ONG pour aider. La sécu offre déjà une contribution monétaire assez conséquente. Généralement, il y a un élan de générosité pour suppléer aux efforts de l’État », dit-il.

C’est le second incendie qu’aura connu cette région après celui de novembre dernier qui avait touché 36 familles dans les logements provisoires construits par la NHDC. Les logements détruits avaient été réparés et reconstruits en l’espace de quelques semaines. Ces logements font partie des 96 unités temporaires qui avaient été construites pour reloger ceux qui vivent dans les conditions les plus difficiles. Et ces 96 familles font partie des 150 familles, dont des squatters, que l’État a décidé de prendre à sa charge. Mais il semble que le nombre aurait augmenté. « Hormis les 96 qui habitent les résidences provisoires, il devrait y avoir 58 familles à Cité Tôle et Cité Blanc, mais je pense qu’il y a d’autres squatters qui, entre-temps, sont venus s’ajouter à ceux qui étaient là », déclare le ministre.

Le projet de construction pour ces 150 familles a déjà débuté et, selon le ministre, la première phase devrait être complétée d’ici à mi-2020.

Sinistrés de Hollanda

Nous faisant l’historique de la situation des Cités Tôle et Blanc, Steven Obeegadoo explique que cela remonte au début des années 1990 avec le cyclone Hollanda. L’État, à l’époque, offre du matériel de construction à 25 familles sinistrées du cyclone pour se bâtir des maisons en bois et en tôle provisoires sur un terrain de l’État à Baie-du-Tombeau. C’est cela qui deviendra Cité Tôle. Plus tard, après le passage du cyclone Dina, au début des années 2000, 20 maisons en tôle sont construites par l’État pour les réfugiés. Ce qui fait au total 45.

« Mais il y a beaucoup de squatters qui viennent s’installer, de sorte qu’en 2016 lorsque la NHDC qui, entre-temps, a pris possession du terrain, découvre qu’il y a non pas 45, mais 150 familles. Et la situation est allée de mal en pis, c’est-à-dire que les conditions d’existence se sont dégradées et rien n’a été fait par les autorités. En 2015, on commandite cette étude et l’État décide enfin de faire quelque chose pour ces personnes qui vivent dans des conditions absolument déplorables. En 2017 est alloué un contrat pour la construction d’un complexe NHDC qui va pouvoir offrir 150 unités d’appartement. Pourquoi 150 ? Parce que l’analyse de la situation de chacune des 154 familles révèle qu’il y en a quatre qui ne satisfont pas les conditions requises par la NHDC, soit parce qu’ils ont déjà une autre demeure, soit parce qu’ils n’habitent pas là en permanence. Bref, il faut offrir un logement à 150 personnes, dont plus d’une centaine de squatters, et l’État décide de les prendre à sa charge. Le problème qui se pose est en attendant comment laisser vivre les gens dans ces conditions déplorables à Cité Tôle et à Cité Blanc (nom donné pour certains des bâtiments peints en blanc) et là l’État décide de construire des logements provisoires, un peu plus corrects que les taudis dans lesquels vivent ces gens. Donc, 96 unités temporaires qui avaient été construites pour reloger ceux qui vivent dans les conditions les plus difficiles. »