Première femme élue maire de la ville de Bethléem, en Palestine, sous l’occupation israélienne, Vera Baboun a lancé hier un vibrant message aux Mauriciennes, les exhortant « à emprunter un chemin qui n’a jamais été parcouru » si elles veulent apporter un changement dans le monde. C’était à l’issue d’une cérémonie protocolaire à la municipalité de Quatre-Bornes durant laquelle la citoyenneté d’honneur de la ville a été octroyée à l’invitée de marque.
« Je voudrais envoyer un message à toutes les femmes. Si vous voulez créer un changement. Si vous voulez avoir des résultats positifs. Apprenez comment empruntez un chemin qui n’a jamais été parcouru auparavant. Ces chemins-là sont difficiles, remplis de pierres, de problèmes. Mais ce sont des chemins qui créent le changement ! » C’est le message que la maire de Bethléem a voulu envoyer hier aux Mauriciennes. C’était lors de son allocution à l’issue d’une cérémonie protocolaire durant laquelle la citoyenneté d’honneur de la ville a été octroyée à la visiteuse de marque.
« Mais pour prendre ce chemin qui n’a jamais été auparavant parcouru, vous devez avoir également une autre qualité : vous devez apprendre à écouter et avoir confiance en votre voix intérieure ; vous devez croire en vos propres capacités… Si vous apprenez à écouter cette voix intérieure, vous allez créer ce changement que vous souhaitez dans votre société », a ajouté Vera Baboun.
La maire de Bethléem a affirmé que nous sommes sur cette Terre pour servir l’humanité. « En tant que maire palestinienne chrétienne, j’ai été élevée selon certaines très importantes valeurs. Ces valeurs ne connaissent aucun autre langage que celui de l’espoir ultime, de l’amour ultime qui recherche cette paix vers laquelle ma ville, ma patrie, ma communauté, nos enfants, nos jeunes et nos aînés aspirent. Partout où je vais, je laisse comprendre que la cause des Palestiniens est juste et notre président, notre peuple travaillent dur pour cette paix pour laquelle je me suis engagée », a-t-elle conclu.
Auparavant, évoquant le mur qui sépare sa ville à Jérusalem, Vera Baboun a expliqué que l’occupation israélienne repose sur une discrimination. « Accepter l’autre est un réel défi en Palestine. Puisque nous, les Palestiniens, nous sommes en territoire occupé, cela signifie que nous ne sommes pas acceptés par les autres », a-t-elle affirmé. « Cependant, parce que je viens de Bethléem, la cité qui sera toujours celle de l’Étoile, je ne connais aucun autre langage que celui de l’espoir, celui de l’amour, celui de cette paix que nous désirons tous tant ».
Rappelant que Bethléem est une ville de pèlerinages, Vera Baboun a affirmé que ceux-ci ont une autre dimension. « Comme dans le contexte de l’occupation, on nous refuse cette humanité qui caractérise tant votre ville de Quatre-Bornes, pour moi le vrai pèlerinage à Bethléem c’est cette opportunité que vous aurez à mieux nous connaître, et nous à mieux vous connaître. Le vrai pèlerinage, c’est créer des ponts et non des murs ». Elle a évoqué une possibilité de jumelage de sa ville avec Quatre-Bornes.
Le maire de Quatre-Bornes, Sanjay Sonoo, a auparavant remis à Vera Baboun le parchemin de la citoyenneté d’honneur de la ville de Quatre-Bornes. L’adjointe au maire, Arline Koenig, l’auteure de la motion pour conférer cet honneur au maire de Bethléem, a elle retracé les grandes lignes de la vie de la prestigieuse visiteuse.
La cérémonie était présidée par le Chief Executive de Quatre-Bornes, Vineshsing Seeparsad.