Partisans, activistes ou électeurs, ils sont avant tout des citoyens qui, le 5 mai 2010, ont voté pour des candidats d’une alliance qui leur a fait des promesses et dans laquelle ils ont cru. En les conduisant au pouvoir, ces citoyens ont envoyé leurs représentants au sommet. Toutefois, cinq de ces derniers ministres ont choisi de se désengager d’un portefeuille tant convoité par solidarité à une de leurs. Aujourd’hui, les Mauriciens doivent réaliser que la loyauté, le mot en vogue dans l’actualité politique, ne s’applique pas à eux. La société civile, disent ses représentants, en a assez d’être ridiculisée, utilisée et prise pour acquis par des politiques qui ne pensent qu’à leurs intérêts.
Le peuple n’est pas dupe ! Il savait que tout n’allait pas si bien que cela entre le Ptr et le MSM. Malgré l’assurance — pas toujours convaincante — donnée par les politiques et ministres des deux bords ces dernières semaines, il était évident qu’un certain malaise rongeait leur relation au gouvernement. Des observateurs avertis à l’homme de la rue affichaient leur pessimisme quant à l’avenir, ou encore la crédibilité de l’alliance qui gouverne le pays depuis 14 mois seulement.
Mardi dernier, les Mauriciens assistaient à un scénario quasi drôle. Pravind Jugnauth, leader du MSM et alors ministre des Finances, annonce la démission de six ministres élus sous la bannière de son parti. Les Mauriciens prennent aussi connaissance des sentiments de colère du leader du MSM. Il a dit ne pas apprécier la manière de procéder de l’Independant Commission against Corruption à l’égard de l’ex-ministre de la Santé, Maya Hanoomanjee, dans l’affaire MedPoint. Et l’autre nouvelle est que malgré la démission de ses ministres, le MSM reste — loyal — au gouvernement. Pravind Jugnauth a fait comprendre une chose : le départ de ses ministres doit être interprété avant tout comme un signe de solidarité envers Maya Hanoomanjee.
Dans cet imbroglio politique, les Mauriciens, eux, semblent au final ne compter que pour du beurre. Pourquoi ? Parce que les citoyens-électeurs, qui se sont rendus aux urnes en mai 2010 pour conduire les candidats de l’Alliance de l’Avenir au pouvoir et grâce auxquels les six candidats du MSM sont devenus ministres, sont aujourd’hui réduits au rang de simples témoins d’une séparation qui s’apparente à une farce. Les efforts et l’énergie qu’ils ont déployés pendant la campagne électorale de 2010 sont tombés à l’eau. À cette époque-là, ils n’étaient pas que témoins d’une campagne, mais bien acteurs actifs ! À ces mêmes électeurs-citoyens, à qui ils avaient fait de nombreuses promesses — sauf la loyauté — il y a un an, les ministres démissionnaires et leur parti n’ont eu aucun mot à leur intention.