Le vice-président du Congress of Independent Trade Unions (CITU) a dénoncé les syndicalistes malhonnêtes qui ne pensent qu’aux voyages et autres avantages dans l’exercice de leurs fonctions. « Ils ne font que voyager ou siéger sur plusieurs boards. Ils n’ont pas le temps de s’occuper des problèmes qui affectent les travailleurs », a déclaré Vinod Seegum ce matin à une conférence de presse à Port-Louis.
« Le syndicalisme se trouve dans un gouffre. L’heure est venue de lutter contre les syndicalistes malhonnêtes qui ne font que voyager », a lancé Vinod Seegum. Selon lui, il faut crédibiliser cette profession en réunissant les syndicalistes honnêtes dans le but de travailler pour le bénéfice des travailleurs. Il a soutenu que c’est pour ces raisons que beaucoup de travailleurs ne veulent pas se syndiquer. « Aster pe rod amand lalwa travay pou permet ti group dimoun al negosye avek patron. Be ala syndika mor plis », a-t-il déclaré. Selon lui, il y aurait trop de syndicats à Maurice – 450 pour notre petite île. M. Seegum a appelé les autres syndicats à se rapprocher du CITU pour faire des working arrangements. « Nous voulons promouvoir le CITU car il y a de la place pour tous sous cette fédération », a-t-il ajouté. À ce sujet, le président dU CITU, Suraj Ray, a parlé de la conférence annuelle de l’International Labour Organisation (ILO) où ce sont toujours les mêmes syndicalistes qui y participent. « À leur retour, ils n’évoquent en rien leur contribution à cette conférence. Même le ministre du Travail fait un compte rendu de sa participation à cette conférence », a-t-il fait ressortir.
S’agissant du travail qu’effectue actuellement Dev Manraj sur les erreurs et omissions contenues dans le dernier rapport du Pay Research Bureau (PRB), M. Seegum a affirmé sa confiance en cette personne. Il a trouvé encourageant que M. Manraj n’est pas allé réclamer une enveloppe financière auprès du gouvernement avant de produire son rapport. « Nous nous attendons à ce que son rapport amène un feel good factor parmi la population », a-t-il soutenu.
Pour le président du CITU, l’heure est grave dans le pays avec la démarche du ministre du Travail visant à amender les lois du travail. « Nous avons objecté à ces amendements car ils vont à l’encontre des conventions que Maurice a signées sur le plan international », a-t-il déclaré. Selon lui, la grève ne serait plus possible et si un employé sous contrat déterminé y participe, il perd son « continuous employment ».
S’agissant de la collective bargaining, il est d’avis que cela ne fonctionnera pas convenablement si la loi n’est pas amendée à cet effet. « Il faut la sécurité de l’emploi », a-t-il insisté, citant le cas de Mauritius Telecom où des compagnies subsidiaires emploient plus de 200 personnes sous des conditions inférieures à celles des employés de MT. « Pourtant, ils font le même travail », a-t-il soutenu. Il a finalement annoncé une marche pacifique dans les rues de Port-Louis pour le mercredi 23 janvier en vue de dénoncer les amendements proposés à la loi du travail.