Clency Harmon, un habitant d’Albion, soutient être l’héritier des biens de Frédéric Bonnefin et d’avoir été dépossédé de 277 arpents à Camp-Caval à Curepipe. Des terres qui auraient été incorrectement acquises par Médine après la fermeture de l’ancienne sucrerie Réunion. Après avoir recueilli sa déposition en 2009, la Commission Justice et Vérité a entendu les représentants de Médine à trois reprises et écoutera son CEO une dernière fois aujourd’hui. M. Harmon s’attend à ce que les commissaires demandent à Médine de présenter certains documents qui montreraient à qui revient la propriété de ce terrain et menace d’entamer une grève de la faim si elle ne le fait pas.
Clency Harmon est l’arrière petit enfant de Frédéric Bonnefin et depuis six ans il mène une lutte pour avoir « son dû ». « Après des recherches effectuées pendant des années auprès de diverses autorités, je suis arrivé à la conclusion que le terrain à Camp-Caval nous appartient effectivement et qu’il y a eu des fausses prescriptions de la part de Médine pour l’acquérir », déclare-t-il au Mauricien. Avec l’institution de la Commission Justice et Vérité, dit-il, il avait l’espoir que la vérité sera enfin connue, tout en disant « douter de la capacité de la Commission Justice et Vérité à rétablir la justice en ce qui concerne les problèmes de terres ». « J’ai déposé en 2009 et par la suite, la Commission a écouté à trois reprises des représentants de la propriété Médine, qui n’étaient pas les personnes aptes à fournir les explications qu’il faut. La Commission doit convoquer les notaires qui avaient préparé les prescriptions pour leur demander des explications », s’insurge M. Harmon. « Ce terrain a été illégalement inclus dans les propriétés de Médine, ils ont même changé le nom de certaines rivières pour faire croire que le terrain à Camp-Caval leur appartient », allègue M. Harmon, qui affirme que c’est un autre terrain à Glen-Park qui serait la propriété de Médine.
Deux établissements sucriers, Deep-River/Beau-Champ et Médine Sugar Estates, convoqués devant la Commission Justice et Vérité, ont obtenu un délai afin de lui fournir des preuves de leur possession de très grandes étendues de terres que des tierces parties revendiquent également comme ayant appartenu à leurs ancêtres et dont ils auraient été illégalement dépossédés. Dans le cas de Médine Sugar Estates, Clency Harmon affirme que les terres auraient été incorrectement acquises par Médine après la fermeture de l’ancienne sucrerie Réunion.
Estimant que la Commission n’a pas enquêté en profondeur, Clency Harmon s’attend à ce que lors de la réunion d’aujourd’hui avec le CEO, les Commissaires lui demandent de présenter certains documents, notamment les plans des notaires qui ont fait les prescriptions en 1972 ainsi que le plan de compilation de Médine. « Les Commissaires doivent appeler les techniciens qui ont fait les plans pour venir donner des explications, le CEO n’étant pas en mesure de donner ces informations », soutient M. Harmon, qui se dit déçu par la façon dont la Commission Justice et Vérité procède dans cette affaire. « S’il n’y a pas de volonté de la part de la Commission pour faire la lumière sur cette affaire, je vais entamer une grève de la faim », dit-il.