Navin Ramgoolam et Paul Bérenger ont levé le voile sur les détails de l’accord auquel ils sont arrivés au début de la semaine dernière en vue de la conclusion d’une alliance politique entre les deux partis. Alors que pour Navin Ramgoolam, cette alliance repose sur une vision commune pour l’avenir, Paul Bérenger a insisté sur la « total sincerity of purpose et la vision partagée ». Les deux dirigeants étaient sur la même longueur d’onde samedi et ont tous les deux insisté sur les impératifs d’approfondissement de la démocratie, d’unité dans la diversité, de développement économique dans la justice sociale et sur le « relentless » combat contre la corruption.
Afin de prévenir toute dissension éventuelle, un comité de coalition coprésidé par des représentants du PTr et du MMM sera institué pour travailler sur les détails du programme électoral. Il ne reste qu’une étape à franchir dans le cadre du processus de ratification de l’alliance : la réunion de l’assemblée de délégués du MMM prévue pour dimanche prochain, qui devrait être suivie par la démission de Paul Bérenger de ses fonctions de leader de l’opposition. Pour leur part, Alan Ganoo et Rajesh Bhagwan de leurs fonctions de président du Public Accounts Committee et de Whip de l’opposition. Une cérémonie formelle de signature de l’accord est prévue le 20 septembre prochain. Le texte de l’accord sera alors rendu public.
Conscient de ses prérogatives de Premier ministre et respectueux de la Constitution, Navin Ramgoolam s’est gardé de donner des éléments susceptibles d’indiquer la date des prochaines élections générales qui auront lieu cette année, selon toutes probabilités.
Intervenant en premier devant la presse réunie à Clarisse House, le Premier ministre et leader du PTr, a expliqué que l’accord PTr-MMM s’articule autour d’une vision commune pour l’avenir du pays, qui permettra à Maurice de franchir une deuxième étape. « C’est un accord global basé sur un programme commun, pas uniquement sur la réforme électorale et la réforme constitutionnelle et la IIe République mais sur un programme gouvernemental, un programme d’action, une nouvelle étape pour le pays et la démocratie. »
Navin Ramgoolam est revenu sur les détails de la réforme électorale, dont le texte de loi sera adopté par le Parlement après les élections générales. Les 20 circonscriptions seront maintenues dans leurs délimitations actuelles, le first past the post system avec l’élection de trois députés par circonscriptions ; Rodrigues disposera de trois députés au lieu de deux ; une représentation proportionnelle sera introduite avec une party list de 20 membres qui intégreront le système parlementaire ; le seuil d’éligibilité à 10 % ; un tiers des candidats sera de sexe différent afin d’obtenir une meilleure représentation féminine ; il y aura également une possibilité de double candidature. S’agissant de la réforme constitutionnelle et de la IIe République, Navin Ramgoolam a précisé que le pays évolue d’un système purement westminstérien vers un système qui donnera des pouvoirs additionnels au président. Ce sera un équilibre des pouvoirs entre le président élu au suffrage universel et le Premier ministre, qui sera au parlement avec une majorité. Le président de la République aura un mandat de sept ans et le Premier ministre sera nommé par le président comme c’est le cas maintenant. Il aura également le pouvoir de dissoudre l’Assemblée nationale et pourra présider le conseil des ministres quand il le jugera bon.