Après plus d’une cinquantaine d’années d’évolution, les hôtels mauriciens doivent aujourd’hui répondre à de nouveaux critères pour obtenir leur classement correspondant à leur niveau de confort et de qualité. Les premières étoiles ont en effet été attribuées jeudi dernier par le vice-Premier ministre et ministre du Tourisme, Xavier Duval, à quelque 60 promoteurs lors d’une cérémonie à L’Aventure du Sucre. Un événement «historique» pour l’hôtellerie mauricienne, avec un goût mi-figue, mi-raisin cependant pour certains, les étoiles ne brillant pas aussi fort pour tout le monde.     
Des quelque 115 établissements du parc hôtelier mauricien dont 93 ont soumis leur application pour être évalués, avec 83 qui ont retenu l’attention du comité évaluateur et 72 au fi nal soumis à l’audit, dont 9 en attente, 2 éliminés, 61 hôtels ont reçu leur certifi cat de classifi cation mercredi dernier. Un événement à marquer d’une pierre blanche, selon le Président de la Tourism Authority (TA), Robert Desvaux, qui estime que cette classifi cation “jette les bases de l’industrie touristique pour les 25 prochaines années”.
À travers ces nouvelles références, les autorités mauriciennes veulent garantir un minimum de service dans les établissements locaux et s’assurer que les visiteurs vivent une expérience mémorable. Le ministre du Tourisme abonde dans le même sens, faisant ressortir lors de son discours que l’objectif est de faire de Maurice une «unbeatable island holiday destination ».
“Si Maurice est reconnue et est populaire pour ses plages magnifiques et ses sites pittoresques, elle demeure en compétition avec les autres îles de la région dont les Seychelles, les Maldives et La Réunion s’agissant de ses établissements hôteliers. D’où l’intérêt de miser sur la qualité de notre hospitalité pour que le touriste revienne chez nous encore et encore”, a déclaré Xavier Duval. C’est dans cette optique que les hôtels sont appelés à constamment améliorer leurs produits. Pour Jocelyn Kwok, Chief Executive Offi cer (CEO) de l’Association des hôteliers et des restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM), la classifi cation des hôtels est une initiative qui contribuera à clarifi er l’offre. “Cela aidera également à bien encadrer les hôteliers dans les promesses qu’ils font à leur clientèle”. Ce nouveau classement s’est ainsi fait sur la base de normes internationales établies et pratiquées en Europe et en Asie en tenant compte des exigences de la demande touristique et de la particularité mauricienne, avec des étoiles garantes d’un minimum de confort et de service offert dans les établissements hôteliers mauriciens.
600 critères
Depuis l’année dernière, les établissements qui se sont prêtés à l’exercice ont ainsi été évalués par un comité technique indépendant, présidé cependant par Robert Desvaux, selon une série de 600 critères pour obtenir leurs étoiles. Des 62 établissements étoilés, six fi gurent au top du classement avec une qualifi cation de 5 étoiles Luxe. Il s’agit en l’occurrence de Constance Le Prince Maurice, Four Seasons Resort Mauritius at Anahita, Maradiva Villas Resort & Spa, Royal Palm Hotel, Shangri-La’s Le Touessrok Resort & Spa et The Oberoi.
Disparités
Si les autorités affichent la satisfaction quant à l’exercice — qui confère également à 20 hôtels, la catégorie 5 étoiles, 2 hôtels la catégories 4 étoiles Supérieur et classe 19 établissements au rang de 4 étoiles, 3 dans la catégorie 3 étoiles Supérieur, et 11 comme des hôtels 3 étoiles —, le contentement n’est pas de mise pour tout le monde.
Il nous revient que certains hôteliers qui fi guraient, dans le classement populaire au rang des 5 étoiles ont été offi ciellement classés 4 étoiles. D’autres qu’on connaissait comme des 3-étoiles, ont été classés 4 étoiles. Des disparités que certains hôteliers ont du mal à digérer du fait, disent-ils, qu’ils connaissent leurs produits et également la satisfaction de leur clientèle.
Nombreux sont les établissements se retrouvant dans une catégorie qui ne peuvent s’empêcher de comparer et de sourciller en s’interrogeant sur les confrères dans la même catégorie qu’eux, estimant que certains n’y auraient pas leur place.
S’ils concèdent que l’exercice de classifi cation est une bonne initiative, plusieurs hôteliers rappellent que malgré les récents efforts d’harmonisation de la classification hôtelière dans le monde, il n’existe pas de normes internationales officielles établies concernant l’attribution d’étoiles et que chaque pays édicte son propre règlement et les voyageurs se réfèrent aux sites de voyages et d’hôtellerie pour se repérer.
À titre d’exemple, ils citent Trivago, l’indicateur de référence comparateur d’hôtels au monde, proposant une appréciation des offres de 250 sites de réservation et chaînes hôtelières pour plus de 900 000 hôtels. D’ailleurs, le ministre du Tourisme s’est lui-même réjoui du classement à la 8e place de Maurice parmi les plus belles îles du monde sur le site Trip Advisor.
Avec le classement officiel de la TA, plusieurs hôteliers estiment qu’ils devront également faire des réajustements de prix en fonction de leur catégorie d’étoiles. “L’offre commerciale sera certainement infl uencée par la classifi cation de l’hôtel. Et la différence se fera sentir dans le moyen terme”, disent-ils, appréhendant leur taux d’occupation.
Quoi qu’il en soit, cette première parmi d’autres initiatives à venir dans l’industrie touristique mauricienne est une bonne façon pour les hôteliers de ne pas s’endormir sur leurs lauriers.