Il n’y a pas eu erreur sur la marchandise. Sauf pour ceux qui avaient cru que le miracle se produirait… Mais même à la veille de la fin du monde, il y a des choses auxquelles les plus crédules et les plus optimistes ne devraient plus croire. Donc, pas de Mike Brant sur la scène du J&J Auditorium la semaine dernière. À la place, un fan parmi les autres, venu offrir aux spectateurs une vision de ce qu’aurait pu être un concert du chanteur légendaire, décédé au summum de sa gloire en 1975.
Claude Arena, un interprète venu chanter “avec sa voix, son coeur et ses cheveux”, comme il le précise. Pas de perruque, répond-il aux mauvaises langues… Mériter le statut officiel de Mike Brant réclame un engagement personnel de tous les instants. Chez Claude Arena, cela se manifeste avant tout par sa chevelure, copie de la légendaire crinière de l’Israélien conquérant de la scène francophone. De loin, une même tête, quelques traits de ressemblance du côté du Sicilien, dont les costumes chic yé-yé disco ramènent directement aux années folles. Voilà pour le look. Côté voix, Claude Arena s’appuie sur un léger accent d’Italie pour se rapprocher de Mike Brant et s’adapte aux thèmes et tempos des chansons du répertoire de ce dernier pour compléter l’illusion. La ressemblance ne va pas jusqu’à bluffer, mais elle est suffisamment bien travaillée pour réveiller le souvenir.
Pas de scènes de délire ou d’hystérie, comme cela se serait produit avec l’original. Mais néanmoins, on se laisse parfois volontairement prendre au jeu. Et pourquoi pas, après tout ? Entre fans, tout semble permis. Car Claude Arena au J&J Auditorium a été d’abord une rencontre entre des fans venus rendre hommage à un Mike Brant indémodable, immortel.
Devant la scène, des tables et du champagne pour une ambiance cabaret adaptée à l’ambiance de ce concert. Rien qu’une larme, Mais dans la lumière, Tout donné, tout repris, Laisse-moi t’aimer, L’oiseau noir et l’oiseau blanc, Qui saura : plusieurs des chansons proposées ont été reprises en choeur par le public, encouragé par un Claude Arena très communicatif et rodé à ce jeu. Dès le départ, l’artiste joue la carte de la séduction pour entraîner les spectateurs dans son monde sur les traces de Mike Brant. Le chanteur a aussi repris Tom Jones (She’s a lady) et Paul Anka (My way).
Une mention spéciale à l’orchestre des Firehawks, qui a accompagné le chanteur durant ses trois concerts à Maurice et qui a su, sans fausse note, s’adapter à ce répertoire musicalement riche et techniquement complexe.
Ceux qui ont vu Claude Arena sur scène sont sortis de la salle pas obligatoirement plus admirateurs de Mike Brant. Mais certainement avec le souvenir d’une soirée passée dans sa lumière, entre fans.