Claude Monet est reconnu comme étant l’un des créateurs de l’impressionnisme. Il est le plus convaincu et le plus constant des peintres impressionnistes et s’inscrit comme le chef de file du mouvement. La lumière est pour toujours le personnage principal des paysages de Monet.
Claude Monet naît à Paris le 14 novembre 1840, mais toutes ses impressions d’enfant et d’adolescent sont liées à la ville du Havre. Il quittera cette ville pour revenir à Paris. Les encouragements du peintre animalier Constant Troyon le décident à prolonger son séjour dans la capitale française, où il rencontre Camille Pissarro.
Après deux années de service militaire accomplies en Algérie, Monet entre, en 1862, dans l’atelier du peintre Charles Gleyre. Monet persuadera ses condisciples Frédéric Bazille, Auguste Renoir et Alfred Sisley de le suivre en forêt de Fontainebleau.
Immédiateté.
Pour Monet, la peinture est une occupation obsessionnelle, à laquelle un artiste doit tout sacrifier. Le travail de ses débuts, bien qu’en rupture avec la peinture d’atelier, laisse apparaître un certain nombre d’influences. Monet opère une rupture avec la représentation classique du paysage, qui était traditionnellement attachée à la transposition d’un état d’âme; sa peinture traduit l’immédiateté, c’est-à-dire sans aucune médiation d’intentions romantiques. Un instant fugitif de l’éclat de la nature.
Une de ses oeuvres, Impression, soleil levant, donne son nom au mouvement impressionniste. À l’origine, le groupe des impressionnistes est un petit collectif de jeunes peintres, tous âgés de trente à quarante ans, partageant une nouvelle conception de la nature et de l’art. L’acte de peindre et l’oeuvre d’art qui en résulte y sont revendiqués comme un plaisir, celui du peintre et de sa création personnelle.
Vision nouvelle.
Dans cette nouvelle conception de l’art pour l’art, la vérité du tableau est relative parce qu’elle dépend du sujet qui le peint et du spectateur qui le regarde. Il n’est pertinent qu’à un moment et sous des conditions données. Ce qui souligne l’importance d’une exécution rapide, proche de l’esquisse. Au service de celle-ci, la recherche des impressionnistes sur la lumière et les couleurs leur fait découvrir de nouveaux procédés picturaux où la juxtaposition sur la toile des taches de couleur pure ne se fondra en un mélange optique que dans l’oeil du spectateur.
Au cours de l’été 1869, Monet travaille en compagnie de Renoir. Les deux peintres, rendant systématique le principe de la division des tons, inaugurent la vision nouvelle qui bientôt fait école. À la fin de l’année suivante, il rejoint Pissarro à Londres. Il regagne la France en 1871 et s’installe à Argenteuil, créant dans cette petite commune des bords de la Seine le véritable foyer du mouvement impressionniste.
Nymphéas.
Les années qui suivent voient un essor du courant impressionniste. Monet participe aux expositions du groupe, de 1874 à 1882. Durant ces années, il crée des chefs-d’oeuvre tels que La Gare Saint-Lazare.
La lumière est toujours le personnage principal dans les paysages de Monet, et comme il avait toujours pour but de saisir un effet changeant, il adopta l’habitude de peindre le même sujet sous des conditions différentes de lumière, à différentes heures de la journée. Monet les peint par temps ensoleillé ou gris, dans le brouillard ou couverts de neige.
En dehors de quelques voyages, le grand représentant de l’impressionnisme n’a jamais vraiment quitté les boucles de la Seine, depuis son enfance au Havre, sa jeunesse à Paris, puis la fréquentation assidue d’Argenteuil, jusqu’à son installation à Giverny.
Monet peint dans un souci marqué de la lumière et des apparences fugitives de l’instant. Un peu avant 1900, et jusqu’à la fin de sa vie, Monet s’attache à prendre comme seul motif le bassin aux nymphéas de son jardin de Giverny. Dans une souveraine indifférence au sujet, les variations sur le thème du plan d’eau portent jusqu’aux extrêmes limites de ses conséquences la manière impressionniste.