L’indice du climat des affaires réalisé par la Chambre de Commerce et d’industrie, rendu public ce matin, indique une hausse de 4,2 % pour le deuxième trimestre de cette année. Cependant, affirment Mahmood Cheeroo et Renganaden Padayachy, qui présentaient l’indice à la presse ce matin, l’inquiétude reste de mise concernant le manque de visibilité quant aux politiques nationales et internationales qui risquent de casser la dynamique de croissance.
Selon les observations des dirigeants de la CCI, cette nouvelle progression intervient après deux trimestres de hausses successives. L’indicateur de confiance avait augmenté de 5,8 % et de 4,5 % au quatrième trimestre 2010 et au premier trimestre 2011 respectivement Ces hausses successives indiquent un optimisme affiché des entrepreneurs, qui considèrent que globalement la conjoncture s’améliore depuis le dernier trimestre de l’année dernière, même si des zones d’ombres persistent, surtout s’agissant de la succession des crises au niveau international.
« L’amélioration de cet indice est due aux effets combinés de la hausse du solde des opinions des entrepreneurs par rapport à la situation actuelle de leur entreprise, de 6,9 % ; au niveau des commandes fermes, de 6,7 % et à l’évolution des affaires au cours des trois prochains mois, de 10,3 %. De plus, il y a une gestion dynamique des stocks au cours des trois derniers mois confirmée par un solde négatif des opinions des entrepreneurs à la question sur le niveau des stocks. Cela est favorable à l’estimation de l’indice », souligne un document diffusé par la chambre.
Sur la base des données recueillies lors de l’enquête de conjoncture, effectuée entre le 1er et le 20 juin dernier, la CCI estime que les facteurs derrière l’amélioration du climat des affaires s’établissent comme suit : des initiatives pour améliorer la productivité et des mesures de diversification prises pendant des périodes creuses qui commencent à porter leurs fruits ; une dynamique initiée par les grandes entreprises qui se répercute sur leurs sous-traitants de par l’interdépendance de notre tissu industriel ; une évolution propice du taux croisé euro/dollar qui rend les importations plus compétitives ; la hausse des coûts de production à l’étranger et une évolution favorable du rapport qualité/prix des produits mauriciens initiée par des mesures innovantes ; une meilleure utilisation de notre savoir faire, qui incite les clients à se tourner de nouveau vers notre pays ; et finalement la perception des personnes interrogées d’une amélioration de leur situation par rapport aux deux dernières années.
Parmi les sources d’inquiétude on relève, entre autres, une conjoncture internationale difficile, en particulier sur nos principaux marchés, marqués par la série de crises qui pourrait affaiblir la reprise ; une lente érosion de la confiance des consommateurs ; des perspectives d’expansion limitées par les insuffisances de compétences sur le marché du travail et les difficultés pour recruter ; un manque de visibilité quant aux politiques nationales et des appréhensions quant aux mesures monétaires restrictives, qui risquent de casser la dynamique de croissance.