La Commission de l’océan Indien (COI) et l’Union européenne (UE) ont signé hier une déclaration commune sur le climat en marge de la COP21, qui se tient actuellement à Paris. À cette occasion, le secrétaire général de la COI, Jean-Claude de l’Estrac, a souligné que « les îles en développement contribuent de façon insignifiante au réchauffement climatique », avant d’ajouter que « celles-ci en sont en revanche les premières victimes ».
La déclaration sur le climat a été adoptée par le conseil des ministres de la COI en mai dernier à Antananarivo, Madagascar, sur la base d’un projet proposé par le secrétariat général de la COI et la délégation de l’UE à Maurice. Le document conjoint, qui a été signé par Jean-Claude de l’Estrac et le représentant de l’UE Neven Mimika, reconnaît que l’Indianocéanie est particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique et souligne la nécessité d’accorder un traitement différencié aux États insulaires pour améliorer leurs capacités de résilience et d’adaptation.
« Pour s’en convaincre, je rappellerai qu’avec 0,03% du total mondial des émissions carbone, les îles en développement contribuent de façon insignifiante au réchauffement climatique. En revanche, elles en sont les premières victimes », a dit Jean-Claude de l’Estrac. Il poursuit : « L’Indianocéanie est l’une des régions les plus exposées aux conséquences des dérèglements climatiques. Sur les 30 dernières années, les catastrophes naturelles ont coûté plus de USD 2,8 milliards aux petites économies insulaires. Durant les 20 dernières années, plus de 50 phénomènes naturels intenses ont fait des victimes, forcé le déplacement de populations et causé des dégâts matériels, économiques et sociaux considérables. »
Jean-Claude de l’Estrac souligne que le partenariat avec l’Union européenne permet  à la COI d’agir concrètement. « La COI conduit un programme de promotion des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique sur la période 2014-18 pour un montant de 15 millions d’euros du 10e FED. Avec ce programme, la COI produira bien plus que des rapports, elle produira de l’énergie. En effet, 5 millions d’euros sont consacrés au cofinancement de projets de production d’énergie renouvelable pour un montant maximal de 500 000 euros par projet », a précisé le secrétaire général de la COI.
Par ailleurs, la COI a lancé, il y a quelques semaines, un appel à projets qui a suscité un fort engouement du secteur privé de nos pays membres comme des institutions publiques, d’Ong, de coopératives, etc. L’ensemble de ces projets nécessite un investissement global de 40 millions d’euros. « La COI se réjouit de pouvoir compter sur l’appui de l’Union européenne, mais c’est aussi aux États d’investir, d’offrir des incitations et d’accompagner le changement en cours », a dit Jean-Claude de l’Estrac.