El-Nino, le phénomène climatique qui entraîne généralement dans son sillage des conditions extrêmes (sécheresses, typhons et canicules) est attendu cette année et, selon nombre de météorologues, il sera très puissant et ses effets à travers la planète pourraient être encore plus désastreux que lors de ses formations précédentes.
À ce jour, ce qu’on sait de ce phénomène encore mal défini, c’est qu’il se présente sous la forme d’un réchauffement persistant de la zone tropicale de l’océan Pacifique, particulière entre le Sud des îles Hawaï et les côtes Est du Pérou. Le phénomène persiste au mimimun cinq saisons consécutives de trois mois chacune. Des prévisionnistes, notamment Américains, ont  relevé que depuis un ou deux mois, une inversion des courants alizées semble avoir déclenché le réchauffement. La tendance est considérée préoccupante, d’où la décision des météorologues de déclencher l’alerte internationale.
Le site météorologique Slate.fr, cité par le journal Le Monde, affirme que les météorologues sont de plus en plus convaincus que l’El Nino qui se développe sera particulièrement fort, car à plusieurs mètres sous la surface de l’océan Pacifique, on observe déjà des masses d’eau exceptionnellement chaudes.
L’inquiétude des météorologues est due au fait que la température de l’eau enregistrée est équivalente à celle du plus fort El Nino jamais répertorié, celui de l’hiver 1997-98. Le phénomène avait alors occasionné 35 milliards de dollars de dégâts et causé la mort d’environ 23,000 personnes dans le monde, en partie à cause d’une crise alimentaire et de la canicule.
Les autorités mauriciennes auraient tout intérêt, semble-t-il, à prendre des précautions dès maintenant car il apparaît que c’était cet El Nino de 1997-1998 qui fut à l’origine d’une des sécheresses les plus dûres qu’avait connu notre pays vers fin 1998-99. À l’époque, des hauts responsables de la Central Water Authority n’étaient pas suffisamment branchés pour anticiper les effets du phénomène et l’un d’eux, aujourd’hui à la retraite, devait affimer que même Dieu n’aurait rien pu y changer. Mais sans doute que Prem Saddul, l’actuel directeur-genéral de la CWA, homme de formation scientifique beaucoup plus poussée, saura, lui, mieux appréhender la situation difficile qui s’annonce et commencera à mettre en branle un plan d’économie d’eau…