« Même si les pays industrialisés cessaient maintenant d’émettre des gaz à effet de serre, les conséquences néfastes du changement climatique sur l’environnement de la planète vont continuer pour plus de 50 ans. La seule façon de s’en sortir est de faire face à ce phénomène, de mitiger les risques et de s’y adapter. » Propos de Jogeeswar Seewoobaduth, Divisional Environment Officer au ministère de l’Environnement, responsable du Climate Change Information Centre mis en place au 7e étage de la Ken Lee Tower, rue Barracks, à Port-Louis, pour disséminer les informations au sujet de ce phénomène à toute la population mauricienne. Un « one-stop shop » pour toutes les informations concernant le changement climatique et qui devrait bientôt être appelés à partager ses connaissances avec les pays de l’Afrique de l’Est.
Au Climate Change Information Centre, les informations locales et internationales sont obtenues gratuitement en un clic sur les ordinateurs. Ce qui intéresse énormément les étudiants des universités qui y viennent non seulement par rapport à leurs projets d’études mais aussi pour mieux comprendre le changement climatique. Des académiciens, des chercheurs et autres scientifiques y viennent également. Depuis le début de l’année, une centaine de Mauriciens ont pris avantage de cette facilité qui s’offre à eux. Ils y viennent pour mieux connaître ce phénomène, ses causes, ses risques et aussi pour mieux comprendre le développement en cours dans les différentes régions du pays.
« Pour les gens les plus vulnérables au changement climatique que sont les agriculteurs et les pêcheurs, nous allons vers eux pour leur expliquer le phénomène et comment y faire face », déclare M. Seewoobaduth. Les écoles primaires et secondaires du pays ont été invitées à emmener leurs élèves à visiter le centre et aussi à former des « beach champions » pour surveiller les récifs et les plages. Le but étant d’inspirer les jeunes à mener des actions en faveur de l’environnement. Environ 400 jeunes qui fréquentent les centres de jeunesse ont aussi été formés pour devenir des messagers de l’environnement dans cette campagne d’informations et de sensibilisation au changement climatique. Ces jeunes partent dans les régions avec des connaissances en matière de changement climatique. La stratégie est d’atteindre un maximum de gens, surtout ceux qui sont les plus vulnérables à ce phénomène. Leur travail sera évalué dans six mois.
Le Centre d’information au changement climatique implique aussi toutes les parties concernées, tant au niveau des ministères que d’autres organisations publiques et privées. « Ce n’est pas seulement le ministère de l’Environnement qui doit se sentir concerné par le changement climatique mais tous les ministères. Nous leur adressons ainsi toutes les informations et autres documentations que nous obtenons sur le changement climatique qui nous arrivent de l’étranger pour qu’ils puissent prendre connaissance de ce qui se fait ailleurs. Nous les aidons aussi à prendre en considération le changement climatique dans leurs projets futurs », déclare M. Seewoobaduth.
Le Centre va aussi vers les collectivités locales en les invitant à s’intéresser aux risques d’inondations qui se posent, par exemple, dans leurs régions et comment elles doivent informer la population locale. « Nous avons effectué un travail dans ce sens pour le compte de la municipalité de Vacoas/Phoenix ; nous le ferons pour les autres mairies également », indique-t-il. Ces informations, selon lui, peuvent servir à mieux planifier le développement, que ce soit la construction d’une route ou d’un bâtiment ou encore un projet immobilier, et réduire ainsi les risques d’inondations. « Nous ne ratons pas une occasion pour dire aux gens qui construisent ou qui sont engagés dans un développement quelconque de ne pas prendre les cyclones à la légère. Ce n’est pas parce que nous vivons presque tous dans des maisons en dur que les risques n’existent plus », fait-il ressortir, avant d’ajouter : « Nous devons, donc, tous rester sur nos gardes. »