Ce quinquagénaire n’est pas prêt d’oublier le traitement « très cavalier et le manque d’égards total » que sa fille, sa défunte femme et lui ont subi hier de la part des responsables de cette clinique très huppée des hautes Plaines Wilhems. Sa femme, âgée de 52 ans, ayant été prise d’un malaise, ce Mauricien s’est en effet dirigé vers la clinique. Mais arrivé sur place, son épouse était déjà décédée. Alors qu’il attendait le certificat de décès pour procéder aux démarches habituelles, cet homme s’est alors vu « totalement refuser l’accès à la clinique, ne serait-ce que pour patienter », dit-il. « Nous avons dû, ma fille et moi, rester avec le cadavre de ma femme sur le parking de la clinique. »
C’est un homme effondré sous le poids d’avoir perdu sa femme de 52 ans hier, et doublement perturbé par le traitement « inhumain et sans égard de la part de cette clinique, qui est si bien vue par les Mauriciens en général », qui s’est livré au Mauricien ce matin. Alors même que les funérailles de son épouse sont prévues dans quelques heures…
Les faits remontent à hier, aux alentours de 16h. Son épouse présentant des complications d’ordre vasculaires, cet homme, accompagné de sa fille, l’emmène alors d’urgence à cette clinique des hautes Plaines Wilhems. Mais en cours de route, celle-ci pousse son dernier soupir. Son époux et sa fille arrivent alors, totalement bouleversés, jusqu’au parking de la clinique. Sur place, ils réclament de l’aide à la réception. « Des membres du personnel médical et paramédical sont venus avec nous à la voiture, explique la fille de la défunte. Le décès de ma maman a hélas été constaté… »
Accablés, l’homme et sa fille préviennent leurs proches et parents pour leur annoncer la tragique nouvelle. Mais quelle n’a pas été leur surprise de constater qu’ils avaient été carrément « abandonnés sur le parking de la clinique ». Se renseignant auprès de la réception, l’homme demande alors, en toute simplicité, s’il peut rester dans l’enceinte de la clinique, et ce « jusqu’à ce qu’un de mes proches me fasse parvenir le certificat de décès afin que le personnel de la compagnie Elie & Sons puisse venir récupérer le corps de ma femme ». Aussi celui-ci dit-il être « tombé des nues lorsque l’on m’a répondu par la négative ». Le préposé lui aurait ainsi répondu : « Non, vous ne pouvez entrer avec votre femme monsieur. Elle est décédée en dehors de la clinique. Nous ne pouvons prendre cette responsabilité. Navré. »
L’homme, dans sa grande peine, se résigne. « Je suis retourné à ma voiture et, avec ma fille, nous avons veillé le corps de ma femme. » Cette attente sur le parking de la clinique dure presque… trois heures. Le temps donc que le certificat de décès leur parvienne et que le personnel de la compagnie funéraire vienne prendre le corps de la défunte.
Dans l’entourage de ce veuf quinquagénaire, « tout le monde est évidemment très remonté par cette affaire » ! « Quand on sait que cette clinique est l’une des plus réputées de Maurice, on se pose des questions… Des Mauriciens viennent de tous les coins du pays pour s’y faire soigner. Un tel manque d’égards n’est pas du tout honorable. Est-ce une façon de traiter des gens ? Surtout lorsqu’ils passent par un drame pareil. Ces responsables de la clinique n’ont-ils aucun sentiment humain ? Ne seraient-ils pas mus uniquement par leur intérêt financier ? Parce qu’il semble qu’ils aient refusé d’accueillir ce monsieur dans ce grand moment de peine uniquement parce que la personne était déjà décédée et qu’il n’y aurait aucun frais à s’acquitter… Ce serait très révoltant et déplorable si cela s’avère être la raison derrière ce manque total d’humanité ! » Pour sa part, l’homme et la fille victimes de cette situation soutiennent : « Même si on nous avait demandé de payer quelque chose rien que pour avoir gardé le corps durant ces trois heures, au lieu de le laisser là, sur le parking, on aurait payé  ! Parce qu’à ce moment-là, ce n’est pas l’argent qui nous intéressait. Mais un peu de chaleur humaine et de sollicitude… Hélas, on ne nous en a témoigné aucun. C’est une épreuve terrible. »
Sollicité pour une réaction, le président de la Private Medical Practitionners’ Association (PMPA), le Dr Patrick How, devait abonder dans le même sens : « C’est tout à fait contre toute forme d’éthique médicale et, surtout, une attitude totalement dénuée de toute forme d’humanité et de savoir-vivre qu’ont été victimes ces personnes. Cela nous outre, au sein de la profession médicale, d’apprendre une telle nouvelle. Même si la personne n’était plus vivante, cela n’explique pas pourquoi cette clinique leur a refusé un simple endroit où attendre avec le corps de la défunte. Ce qui s’est passé est inadmissible et inhumain ! »
Même condamnation de la part de plusieurs médecins, du public et du privé, qui, contactés et mis au courant de l’affaire, se sont dits « très remontés » contre cette clinique. « Nous avons eu, à quelques reprises, quelques doléances de la part de certains patients. Mais nous n’avions jamais osé penser qu’ils allaient pousser le bouchon aussi loin… C’est dégoûtant quand on pratique ce métier noble qu’est le nôtre de traiter aussi injustement des personnes accablées par la mort ! Honte à cette clinique ! » Les proches et parents de la victime comptent entamer des procédures de blâmes contre la clinique incriminée.