Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM, annonce le boycott par les parlementaires de l’opposition MMM/MSM de la clôture des débats budgétaires, mardi prochain, à l’Assemblée nationale. La raison: le fait que, pour la première fois dans les annales parlementaires, quatre ministres interviendront en dernier, l’un après l’autre. Le leader du MMM rend le Premier ministre et leader du PTr, Navin Ramgoolam, personnellement responsable de cette «grave entorse à la démocratie parlementaire.» «Ramgoolam vient, une fois de plus, démontrer qu’il est un faux démocrate», déclare Paul Bérenger. Et d’estimer que le chef du gouvernement, «qui veut faire passer d’aord ses caprices, n’a aucun sens de l’État.» «Dommage que l’on ne sera pas là pour le summing up de Xavier Duval», glisse, au passage, le leader du MMM.
Paul Bérenger juge que ce qui s’est passé vendredi soir à l’Assemblée nationale avant que les parlementaires de l’opposition ne choisissent de faire un walk-out est «révoltant» et «sans précédent.» Il impute à nul autre que le PM cette «grave entorse» à la démocratie parlementaire. «Pour la première fois dans les annales parlementaires, dit le chef de l’opposition, pas moins de quatre ministres du gouvernement seront les derniers à intervenir lors de la clôture des débats budgétaires.»
Paul Bérenger note que, parmi, il y a le ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo. Il voit en cela le fait que le chef du gouvernement «craint tellement» ce dernier que le ministre Bachoo sera, pour la première fois, parmi les tout derniers orateurs du gouvernement à intervenir sur le budget. Le leader du MMM critique, au passage, le président du PTr qu’il qualifie «d’ignare» pour avoir, dit-il, parlé de «deputy leader de l’opposition», poste qui, précise Paul Bérenger, «n’a jamais existé.»
Il explique que l’opposition est constituée de deux partis en alliance qui se concertent «dans la sérénité» en vue de décider de l’ordre des intervenants «sans la moindre pression.» Le leader de l’opposition accuse, en revanche, le Premier ministre d’agir «par esprit de rancune et de haine personnelles.» «Navin Ramgoolam n’a aucun sens de l’État et ne connaît rien de son rôle de leader of the House», selon lui. Et d’ajouter: «Cela fait un moment déjà que je suis fed up de son attitude. Il veut faire passer ses caprices avant son sens de l’État», argue Paul Bérenger.
Quant à l’attitude adoptée à cette occasion par le Speaker, Razack Peeroo, le chef de l’Opposition explique que c’est la pratique westministérienne s’inspirant d’Erskine May qui prend le relais quand les Standing Orders de l’Assemblée nationale ne prévoient rien. Dans le cas présent, soutient-il, cette ouvrage de référence des pratiques parlementaires prévoit que le président de la Chambre a le pouvoir d’assurer la conduite des travaux de l’Assemblée.
Aussi, pour lui, vendredi soir, le Speaker «pouvait et devait put his foot down au nom du fair play étant donné, explique le leader de l’opposition, que l’on s’était retrouvé dans une impasse.» Selon lui, Razack Peeroo se devait de décider de l’ordre dans lequel allaient intervenir les derniers orateurs du gouvernement et de l’opposition «en refusant que quatre ministres se succèdent, en dernier, pour la première fois.» Il trouve que si le Speaker n’a pas adopté cette voie, c’est «parce qu’il a peur de Ramgoolam.»
«Dommage pour le Summing Up de XLD»
À la suite de cet incident, Paul Bérenger annonce que les parlementaires de l’opposition n’assisteront pas, mardi, à la clôture des débats budgétaires qui verra les interventions respectives d’Anil Bachoo, du deputy-PM Rashid Beebeejaun et du PM Navin Ramgoolam suivi du summing up du ministre des Finances, Xavier Duval. «Dommage que l’on ne sera pas présent quand Xavier Duval interviendra mais l’on sera de retour pour les travaux en committee stage ainsi que pour les prochaines PNQ», indique le leader de l’opposition.
Pour ce dernier, toute cette affaire vient une nouvelle fois démontrer que Navin Ramgoolam est «un faux démocrate» après ce qu’est advenu, explique-t-il, de la réforme électorale et de la MBC/tv «fasciste.» Paul Bérenger prend, au passage, l’engagement qu’un nouveau gouvernement du Remake 2000 fera de l’Assemblée nationale «un Parlement modèle», procédera à «une vraie réforme électorale» tout  en instaurant un cadre légal pour le financement des partis politiques, redonnera à la MBC/tv «ses lettres de noblesse», introduira la télévision privée «après les radios privées», adoptera une nouvelle loi en vue d’une «vraie démocratie régionale» et introduira le droit de vote à 16 ans.
Le leader de l’opposition estime, par ailleurs, que le fait même que le gouvernement mauricien est allé solliciter le «secours» des autorités indiennes dans le cas des six établissements d’enseignement supérieur dont la EIILM University, vient confirmer, selon lui, que ces institutions «fonctionnaient illégalement» et que les diplômes qu’elles délivraient «n’avaient aucune valeur.» Quoi qu’il en soit, poursuit Paul Bérenger, l’opposition parlementaire «sympathise comme l’Inde» avec «ces malheureuses victimes de Jeetah et de la Tertiary Education Commission (TEC) ainsi qu’avec les membres de leurs familles.» Il en profite pour renouveler sa demande de démission du ministre de l’Enseignement supérieur qui, dit-il, «devra, plus tard, rendre des comptes.» «Nous saurons bien un jour pourquoi Navin Ramgoolam soutire autant Rajesh Jeetah», conclut le leader de l’opposition.
Sur un plan encore plus politique, Paul Bérenger confirme que le ton était des plus corrects lors de sa PNQ adressée, jeudi après-midi, au ministre des Finances et leader du PMSD, Xavier Duval, contrairement, dit-il, à celle qu’il avait, par exemple, adressée au ministre travailliste de l’Éducation, Vasant Bunwaree, samedi de la semaine dernière.